Soudage vertical : comprendre les positions PF, PG, 3G et 3F

Soudeur réalisant une soudure verticale sur une pièce métallique en atelier
Le soudage vertical oblige le soudeur à contrôler un bain de fusion qui veut descendre : la taille du bain, l’angle, la vitesse et le sens de progression deviennent déterminants.

Le soudage vertical est une position plus exigeante que le soudage à plat ou horizontal. Le cordon progresse sur un joint vertical, soit de bas en haut en verticale montante, soit de haut en bas en verticale descendante. Dans les deux cas, la gravité agit directement sur le bain de fusion.

Dans les repères techniques, on rencontre souvent les désignations PF pour la verticale montante et PG pour la verticale descendante. Les repères 3G et 3F sont aussi utilisés pour distinguer les soudures bout à bout verticales et les soudures d’angle verticales selon d’autres référentiels.

Cette page explique la logique du soudage vertical, les différences entre montante et descendante, les gestes utiles en MMA, MIG/MAG et TIG, les défauts fréquents, les réglages à surveiller et les exercices à travailler avant de passer aux positions plafond ou tube fixe.

Résumé rapide

  • Le soudage vertical est plus difficile que le soudage à plat et horizontal, car le bain de fusion descend naturellement.
  • PF correspond généralement à la verticale montante : le cordon progresse du bas vers le haut.
  • PG correspond généralement à la verticale descendante : le cordon progresse du haut vers le bas.
  • 3G désigne une soudure bout à bout verticale dans les repères de type AWS/ASME.
  • 3F désigne une soudure d’angle verticale dans ces mêmes repères.
  • La verticale montante favorise souvent une meilleure pénétration sur les épaisseurs plus fortes, mais demande plus de maîtrise.
  • La verticale descendante est plus rapide, mais elle peut manquer de pénétration si elle est mal utilisée.
  • Le bain doit rester petit, lisible et contrôlé, surtout en MMA et MIG/MAG.



Matériel utile pour s’entraîner au soudage vertical

Pour progresser en verticale, le soudeur doit pouvoir régler finement son poste, travailler sur des chutes propres, maintenir les pièces correctement et rester protégé. La position augmente la difficulté du geste et laisse moins de place à l’improvisation.

Postes à souder

Un poste stable et réglable aide à conserver un bain court, contrôlé et adapté à la verticale montante ou descendante.

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Équipements de protection

Cagoule, gants, veste et chaussures deviennent encore plus importants, car les projections et le bain peuvent descendre vers le soudeur.

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Préparation et maintien

Serre-joints, aimants, pinces, brosses et disques aident à garder un joint propre, visible et stable pendant les essais.

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1. Qu’est-ce que le soudage vertical ?

Le soudage vertical désigne une configuration dans laquelle le cordon est réalisé sur un joint placé verticalement. Le soudeur progresse alors vers le haut ou vers le bas, avec un bain de fusion qui doit être maintenu malgré l’action de la gravité.

Cette position peut concerner une soudure bout à bout, une soudure d’angle, une réparation sur pièce fixe, une passe de racine, une passe de remplissage ou une passe de finition. Elle est courante en charpente métallique, chaudronnerie, maintenance, tuyauterie, construction métallique et travaux où la pièce ne peut pas toujours être retournée.

Le soudage vertical est une étape importante dans l’apprentissage, car il impose au soudeur de réduire la taille du bain, de mieux lire la fusion des bords et de contrôler l’apport de métal. Le geste devient moins confortable qu’à plat ou en horizontal, mais il reste plus accessible que certaines positions plafond ou tube fixe.

En atelier, on préfère souvent positionner les pièces à plat quand cela est possible. Mais dès que la pièce est grande, lourde, fixée sur site ou déjà montée, le soudeur doit savoir travailler en verticale avec méthode.


2. PF, PG, 3G et 3F : quelles différences ?

Les termes PF, PG, 3G et 3F sont liés au soudage vertical, mais ils n’expriment pas exactement la même chose. PF et PG indiquent surtout le sens de progression dans les repères ISO : verticale montante ou verticale descendante.

Les repères 3G et 3F sont souvent utilisés dans les classifications de type AWS ou ASME. Le chiffre 3 indique la position verticale. La lettre G renvoie à une soudure bout à bout ou sur chanfrein, tandis que la lettre F renvoie à une soudure d’angle.

PF, PG, 3G et 3F : lecture rapide

Repère Lecture pratique Type de situation Exemple concret
PF Verticale montante Cordon réalisé de bas en haut Passe verticale sur tôle ou angle, avec bain soutenu progressivement
PG Verticale descendante Cordon réalisé de haut en bas Cordon rapide sur faible épaisseur ou application adaptée
3G Soudure bout à bout verticale Joint bout à bout ou chanfreiné Deux plaques verticales assemblées bord à bord
3F Soudure d’angle verticale Joint en T, angle ou recouvrement Cordon vertical dans un assemblage en T

Dans un contenu pédagogique, on peut parler de soudage vertical pour expliquer le principe général. Dans une procédure, une qualification ou un cahier des charges, il faut en revanche utiliser le repère exact demandé.


3. Pourquoi la verticale est-elle plus difficile ?

La verticale est plus difficile parce que le bain de fusion veut naturellement descendre. Si le bain est trop large ou trop chaud, il s’affaisse, forme des bourrelets, crée des coulures ou manque de fusion à certains endroits.

Le soudeur doit donc contrôler plus finement l’énergie et la vitesse. Une avance trop lente grossit le bain. Une avance trop rapide empêche les bords de fusionner correctement. L’équilibre est plus serré qu’à plat ou en horizontal.

La visibilité change aussi. En verticale montante, le soudeur doit surveiller le haut du bain, les côtés du joint et la solidification juste derrière l’arc. En verticale descendante, il doit éviter que le métal fondu ou le laitier passe devant l’arc et masque la fusion réelle.

La posture est également plus exigeante : bras levé ou décalé, progression sur une hauteur donnée, câbles qui tirent, appui parfois moins stable. Une mauvaise position du corps rend rapidement le cordon irrégulier.


4. Préparer correctement une soudure verticale

Une soudure verticale demande une préparation encore plus propre qu’une soudure à plat. Quand la position est difficile, les défauts de jeu, de pointage, de propreté ou d’accès se paient immédiatement dans le bain de fusion.

Avant de souder, il faut vérifier plusieurs points :

  • les surfaces doivent être propres, sans peinture, graisse, humidité ou rouille importante
  • le joint doit être visible sur toute la longueur de progression
  • le jeu entre pièces doit rester régulier, surtout en bout à bout
  • le chanfrein doit être adapté à l’épaisseur et au niveau de pénétration recherché
  • le pointage doit empêcher les pièces de bouger pendant la chauffe
  • les câbles et flexibles ne doivent pas tirer sur la main pendant la progression
  • le soudeur doit disposer d’un appui stable avant d’amorcer l’arc
  • la zone doit être protégée contre les projections, les fumées et le risque incendie

Préparation selon le cas

Situation Préparation utile Risque si elle est négligée
Verticale montante Joint propre, appui stable, bain court, réglage progressif Coulures, cordon trop large, manque de régularité
Verticale descendante Épaisseur adaptée, vitesse maîtrisée, arc bien placé Manque de pénétration, bain qui passe devant l’arc
Bout à bout vertical Jeu régulier, chanfrein adapté, pointage solide Racine irrégulière, manque de fusion, défaut interne
Soudure d’angle verticale Racine accessible, faces propres, orientation stable Gorge irrégulière, dépôt excessif ou sous-coupe

Pour apprendre, il est utile de travailler sur des chutes verticales bien fixées. Cela permet de se concentrer sur le bain et le geste, sans se battre contre une pièce mal maintenue.


5. Verticale montante PF : logique et usages

La verticale montante consiste à souder de bas en haut. Le soudeur construit progressivement le cordon en s’appuyant sur le métal déjà déposé et en contrôlant un bain court. Cette progression est souvent utilisée lorsque l’on recherche une meilleure fusion et un meilleur remplissage, notamment sur des épaisseurs plus importantes.

Le principal avantage de la montante est de mieux contrôler la pénétration et le remplissage du joint. En revanche, elle est plus lente et plus exigeante. Si le soudeur chauffe trop, le bain grossit et descend. Si le geste est trop rapide, la fusion devient insuffisante.

En verticale montante, le soudeur doit souvent travailler par petits mouvements contrôlés, sans chercher à élargir brutalement le bain. L’objectif est de fusionner les bords, laisser le métal se déposer correctement, puis monter de manière régulière.

Verticale montante : points clés

Point Objectif Erreur fréquente
Taille du bain Garder un bain court et contrôlable Bain trop lourd qui descend
Fusion des côtés Accrocher les deux bords du joint Manque de fusion latéral
Rythme de progression Monter régulièrement sans surcharger Cordon en bourrelets ou largeur irrégulière

6. Verticale descendante PG : logique et limites

La verticale descendante consiste à souder de haut en bas. Elle peut être rapide et intéressante sur certaines faibles épaisseurs ou dans des applications spécifiques, mais elle demande une grande prudence. Le risque principal est que le bain ou le laitier descende devant l’arc et donne une impression de cordon rempli alors que la fusion réelle est insuffisante.

La descendante ne doit donc pas être choisie uniquement parce qu’elle semble plus facile ou plus rapide. Elle doit être compatible avec le procédé, le consommable, l’épaisseur, la préparation et les exigences mécaniques de la pièce.

Sur des assemblages critiques ou épais, la verticale montante est souvent plus adaptée pour favoriser la fusion et le remplissage. La descendante peut rester utile dans certains travaux de tôlerie, de réparation légère ou selon des procédures clairement validées.

Verticale descendante : points clés

Point Objectif Risque
Vitesse Avancer assez vite pour éviter un bain lourd Cordon posé sans fusion suffisante
Arc Garder l’arc devant le bain Laitier ou métal fondu devant l’arc
Épaisseur Rester dans un usage compatible Manque de pénétration sur pièce épaisse

7. Soudage bout à bout vertical : logique de la position 3G

La position 3G concerne une soudure bout à bout verticale. Les pièces sont placées de manière à ce que le joint soit vertical, puis le cordon est réalisé en montée ou en descente selon la procédure et le repère demandé.

Dans cette configuration, la préparation du joint est très importante. Un jeu irrégulier, un chanfrein mal réalisé ou un mauvais alignement rendent la racine difficile à contrôler. Le soudeur doit surveiller la fusion des deux bords et éviter que le bain ne se concentre seulement au centre ou ne tombe vers le bas.

Sur une épaisseur importante, la soudure verticale bout à bout demande souvent plusieurs passes. Chaque passe doit être nettoyée, observée et corrigée si nécessaire avant de continuer. Recouvrir un défaut en verticale est rarement une bonne idée.

Points de contrôle en 3G

Point de contrôle Objectif Erreur fréquente
Racine Assurer la liaison au fond du joint Racine froide, irrégulière ou non fusionnée
Bords du chanfrein Fusionner sans sous-coupe Manque de fusion latéral ou creusement
Remplissage Remplir progressivement sans surcharge Bourrelets, inclusions ou cordon trop épais

8. Soudure d’angle verticale : logique de la position 3F

La position 3F concerne une soudure d’angle verticale. Elle se rencontre sur des assemblages en T, des cadres, des renforts, des supports ou des réparations où le cordon doit monter ou descendre dans un angle.

Le défi consiste à remplir la racine et les deux faces sans laisser le métal s’accumuler en bourrelets. En montante, le soudeur doit construire le cordon pas à pas. En descendante, il doit éviter que le bain ne donne une fausse impression de remplissage.

Un cordon d’angle vertical doit rester régulier, bien accroché aux deux faces, sans creusement excessif sur les côtés. Le contrôle visuel doit porter sur la gorge, la symétrie et l’absence de défauts évidents.

Soudure d’angle verticale : points clés

Élément Ce qu’il faut rechercher Défaut possible
Racine de l’angle Fusion régulière au fond du joint Collage superficiel ou manque de fusion
Faces du joint Accrochage équilibré Cordon décalé ou sous-coupe
Gorge du cordon Dimension régulière et adaptée Cordon trop petit, trop bombé ou irrégulier

9. Soudage vertical en MMA

Le soudage MMA en verticale est très formateur, car il oblige à maîtriser la longueur d’arc, l’intensité, l’angle de l’électrode et le comportement du laitier. Le choix de l’électrode est essentiel : toutes les électrodes ne se comportent pas de la même manière en position.

En verticale montante, il faut généralement garder un arc court, un bain réduit et un rythme régulier. L’électrode doit permettre de soutenir le bain sans laisser le laitier passer devant. Un courant trop élevé donne vite un bain difficile à tenir.

En verticale descendante, il faut être particulièrement attentif au risque de manque de fusion. Le cordon peut paraître propre en surface, mais être insuffisamment accroché si l’arc ne travaille pas correctement la zone à fusionner.

MMA vertical : repères pratiques

Paramètre À surveiller Conséquence d’un mauvais choix
Type d’électrode Positions autorisées et comportement du laitier Laitier gênant, bain instable, défauts masqués
Intensité Bain assez chaud mais court Collage, coulures, sous-coupe ou manque de fusion
Longueur d’arc Arc court, stable et précis Projections, instabilité, cordon irrégulier
Nettoyage Laitier retiré entre les passes Inclusions et défauts entre passes

10. Soudage vertical en MIG/MAG

Le soudage MIG/MAG en verticale peut être productif, mais il devient rapidement exigeant si le bain est trop chaud. Le fil continu apporte du métal en permanence : si le réglage est trop fort ou si le soudeur avance mal, le bain s’alourdit et descend.

La verticale montante demande souvent un bain réduit, une vitesse régulière et une bonne observation des côtés du joint. La verticale descendante peut être rapide sur certaines faibles épaisseurs, mais elle doit être utilisée avec prudence pour éviter le manque de fusion.

Le couple tension/vitesse de fil doit être adapté. Un réglage qui fonctionne à plat peut devenir trop chaud en verticale. Il faut donc faire des essais sur chutes dans la même position avant de travailler sur la pièce finale.

MIG/MAG vertical : réglages à surveiller

Élément Rôle Signe d’alerte
Vitesse de fil Conditionne l’apport et le courant Bain trop gros, fil qui pousse ou arc instable
Tension Influence la largeur et la fluidité du bain Coulures, cordon plat ou projections excessives
Angle de torche Dirige la chaleur vers la racine et les côtés Manque de fusion, cordon décalé ou sous-coupe
Vitesse d’avance Maintient un bain court et régulier Bourrelets, cordon irrégulier ou fusion insuffisante

11. Soudage vertical en TIG

Le soudage TIG vertical demande une très bonne coordination entre la torche, le métal d’apport et la progression. Le procédé permet un contrôle fin, mais il ne pardonne pas les gestes irréguliers, les contaminations ou un bain trop large.

En verticale montante, le soudeur doit garder une distance arc/pièce stable et ajouter le métal d’apport sans charger brutalement le bain. En verticale descendante, la prudence reste nécessaire, surtout si l’assemblage demande une bonne pénétration.

La propreté est déterminante. Une électrode tungstène contaminée, une surface mal préparée, un débit de gaz inadapté ou une torche trop inclinée peuvent produire un cordon terne, poreux ou irrégulier.

TIG vertical : points de vigilance

Point Objectif Erreur fréquente
Taille du bain Garder un bain petit et lisible Bain trop large qui descend
Métal d’apport Ajouter régulièrement sans refroidir ou surcharger Gouttes irrégulières, cordon en bourrelets
Tungstène Maintenir un arc stable Contamination par contact avec le bain ou la baguette
Gaz Protéger le bain et la zone chaude Porosités, oxydation ou cordon terne

12. Gestes, angles et vitesse d’avance

Le geste en verticale doit rester sobre. Le soudeur doit éviter les mouvements trop larges qui grossissent le bain et rendent la progression instable. La priorité est de fusionner les bords, déposer juste assez de métal et monter ou descendre avec régularité.

En verticale montante, les petits mouvements contrôlés peuvent aider à soutenir le bain et à fusionner les côtés. En verticale descendante, il faut éviter que le bain coule devant l’arc. Dans les deux cas, l’angle de la torche ou de l’électrode doit rester adapté au joint et au procédé.

La vitesse d’avance est centrale. Trop lente, elle provoque des coulures ou des bourrelets. Trop rapide, elle donne un cordon froid ou mal fusionné. La bonne vitesse se voit dans la taille du bain et dans l’accrochage du cordon sur les bords.

Lecture du cordon après soudage

Aspect observé Cause possible Correction à tester
Coulures ou bourrelets Bain trop chaud, trop gros ou avance trop lente Réduire l’énergie, accélérer légèrement, garder un bain plus petit
Manque de fusion sur les côtés Arc mal dirigé ou progression trop rapide Stabiliser l’angle, mieux viser les bords, ralentir légèrement
Cordon très étroit Avance trop rapide ou énergie insuffisante Tester un réglage plus adapté et mieux observer le bain
Cordon irrégulier Appui instable, main crispée ou visibilité mauvaise Changer la posture, améliorer l’appui, refaire des essais courts

13. Passes, remplissage et finition du cordon

En verticale, il est souvent préférable de travailler en passes maîtrisées plutôt qu’en gros dépôt. Un bain trop large devient difficile à soutenir et peut masquer des défauts. Le remplissage doit être progressif, surtout sur un chanfrein ou une forte épaisseur.

La passe de racine doit être propre et correctement fusionnée. Si elle est mauvaise, les passes suivantes ne feront que cacher le problème. Le nettoyage entre passes est essentiel, notamment en MMA où le laitier peut rester piégé.

La finition doit rester régulière, sans excès de surépaisseur, sans sous-coupe et sans relief incohérent. Un cordon vertical très bombé n’est pas forcément plus solide : il peut traduire un apport excessif et une fusion insuffisante.

Organisation simple des passes

Passe Rôle Point de vigilance
Racine Assurer la liaison au fond du joint Fusion, régularité, absence de collage
Remplissage Apporter le métal sans surcharge Passes fines, nettoyage, contrôle des côtés
Finition Donner la forme finale du cordon Éviter les bourrelets et les défauts masqués

14. Défauts fréquents en soudage vertical

Les défauts en soudage vertical sont souvent liés à une mauvaise taille de bain, un réglage trop chaud, une progression irrégulière ou une préparation insuffisante. La gravité rend ces défauts plus visibles et parfois plus difficiles à corriger.

Défauts, causes et corrections

Défaut Cause possible Correction possible
Coulures Bain trop chaud, trop gros ou trop lent Réduire l’énergie, accélérer légèrement, travailler en passes plus fines
Manque de fusion Arc mal dirigé, vitesse trop rapide ou bain devant l’arc Revoir l’angle, ralentir selon le cas, viser les bords
Sous-coupe Énergie excessive, mauvais angle ou geste irrégulier Réduire la chaleur, stabiliser le geste, mieux remplir les côtés
Inclusions de laitier Nettoyage insuffisant ou laitier devant le bain Piquer, brosser, contrôler chaque passe avant la suivante
Cordon en bourrelets Progression par à-coups ou bain trop chargé Régulariser le rythme, réduire l’apport, mieux soutenir le bain
Porosités Pièce sale, humidité, gaz perturbé ou consommable contaminé Nettoyer, sécher, contrôler le gaz et les consommables

15. Tableau de réglage et de contrôle pratique

Les réglages exacts dépendent du procédé, du poste, du métal, de l’épaisseur, du type de joint, du consommable et du sens de progression. Il n’existe donc pas une valeur unique pour réussir une soudure verticale. En revanche, il existe une méthode de contrôle simple.

Méthode de contrôle avant et pendant le cordon

Étape Question à se poser Action utile
Avant soudage Le joint est-il propre, visible et accessible ? Nettoyer, pointer, brider, vérifier l’appui
Réglage Le bain restera-t-il assez petit ? Faire un essai vertical sur chute avant la pièce finale
Départ L’arc accroche-t-il correctement les bords ? Stabiliser la distance et éviter le départ trop chargé
Pendant le cordon Le bain reste-t-il contrôlable ? Corriger l’angle, la vitesse ou l’énergie
Après soudage Le cordon présente-t-il des coulures, manques de fusion ou sous-coupes ? Nettoyer, observer, corriger un seul paramètre au prochain essai

En verticale, il vaut mieux construire un cordon maîtrisé qu’essayer de déposer beaucoup de métal trop vite. La régularité prime sur la quantité.


16. Sécurité et ergonomie en position verticale

La position verticale expose le soudeur à des projections qui peuvent descendre vers les gants, les manches, le tablier ou les chaussures. La protection doit donc être sérieuse et couvrante. Une petite coulure peut suffire à provoquer une brûlure si les vêtements sont mal adaptés.

Les protections de base restent indispensables :

  • cagoule ou masque de soudage adapté au procédé et à l’intensité
  • gants de soudage en bon état
  • veste ou vêtements résistants au feu, sans matière synthétique exposée
  • chaussures de sécurité adaptées
  • protection respiratoire ou aspiration selon les fumées et l’environnement
  • zone dégagée de produits inflammables
  • bonne ventilation sans perturber le gaz de protection si TIG ou MIG/MAG
  • pièces chaudes identifiées pour éviter les brûlures après soudage

L’ergonomie doit être préparée avant l’amorçage. Le soudeur doit pouvoir monter ou descendre sur toute la longueur du cordon sans changer brutalement d’appui. Les câbles doivent être placés de manière à ne pas tirer sur la main pendant la progression.

Pour les aspects de protection, consultez aussi notre guide sur les équipements de protection individuelle du soudeur.


17. Exercices pour progresser après l’horizontale

La verticale est une étape logique après le soudage horizontal. Elle augmente la difficulté, mais elle reste un excellent terrain d’apprentissage avant les positions plafond ou tube fixe.

Voici une progression possible :

  • réaliser des lignes de fusion verticales sans chercher un gros dépôt
  • faire des cordons verticaux courts sur une tôle propre et bien fixée
  • comparer verticale montante et descendante sur faibles épaisseurs
  • observer les effets d’un bain trop chaud sur les coulures
  • travailler une soudure d’angle verticale simple en 3F
  • réaliser un bout à bout vertical simple en 3G si la préparation le permet
  • nettoyer et inspecter chaque passe avant de continuer
  • noter les réglages utilisés pour comprendre les résultats
  • passer au plafond seulement quand le bain vertical devient reproductible

Progression recommandée

Niveau Exercice Compétence travaillée
Intermédiaire Cordons verticaux courts Bain, appuis, vitesse et angle
Intermédiaire Verticale montante PF Fusion des bords et soutien du bain
Intermédiaire avancé Soudure d’angle 3F Racine, gorge et régularité verticale
Avancé Bout à bout 3G Préparation, racine, remplissage et finition
Étape suivante Soudage plafond Contrôle du bain contre la gravité maximale

18. Limites de la position verticale

La position verticale est indispensable, mais elle ne remplace pas toutes les autres positions. Une pièce réelle peut imposer une zone horizontale, verticale, plafond, inclinée ou un tube fixe. Le soudeur doit donc apprendre à adapter son geste au contexte.

La verticale descendante doit être utilisée avec discernement. Elle peut être utile dans certains cas, mais elle ne doit pas servir à accélérer une soudure qui demande une pénétration ou un remplissage plus sérieux.

La verticale montante développe une bonne maîtrise du bain, mais elle demande du temps, de la patience et une préparation correcte. Une mauvaise verticale peut être belle en surface et médiocre en fusion. En contexte professionnel, les exigences de la procédure et du contrôle doivent toujours primer.

Pour replacer cette page dans l’ensemble du sujet, consultez le hub positions de soudage.


19. Pages utiles pour approfondir

Pour continuer sans transformer la page en rond-point SEO, voici seulement quelques liens vraiment utiles autour de la progression, des procédés et de la sécurité.

À retenir

  • Le soudage vertical est une étape importante après le soudage horizontal, car la gravité agit directement sur le bain de fusion.
  • PF désigne généralement la verticale montante, tandis que PG désigne la verticale descendante.
  • 3G correspond à une soudure bout à bout verticale, et 3F à une soudure d’angle verticale dans les repères de type AWS/ASME.
  • La verticale montante est plus lente, mais souvent plus adaptée quand il faut mieux remplir et mieux fusionner.
  • La verticale descendante peut être rapide, mais elle peut manquer de pénétration si elle est mal utilisée.
  • Le bain doit rester petit, lisible et contrôlé pour éviter les coulures, bourrelets, sous-coupes et manques de fusion.
  • En MMA, le choix de l’électrode, l’intensité, la longueur d’arc et le laitier sont déterminants.
  • En MIG/MAG et TIG, la taille du bain, l’angle, la vitesse d’avance et la propreté conditionnent fortement le résultat.

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FAQ : soudage vertical

Le soudage vertical est-il plus difficile que le soudage horizontal ?

Oui. En verticale, le bain de fusion veut descendre directement le long du joint. Le soudeur doit donc mieux contrôler la taille du bain, l’angle, la vitesse et l’énergie.

Quelle différence entre PF et PG ?

PF correspond généralement à la verticale montante, avec un cordon réalisé de bas en haut. PG correspond à la verticale descendante, avec un cordon réalisé de haut en bas. Le choix dépend du procédé, de l’épaisseur, du consommable et de la procédure.

Quelle différence entre 3G et 3F ?

3G désigne une soudure bout à bout verticale, tandis que 3F désigne une soudure d’angle verticale. La lettre G renvoie au joint bout à bout ou chanfreiné, et la lettre F à la soudure d’angle.

La verticale montante est-elle meilleure que la descendante ?

Pas dans tous les cas, mais la verticale montante est souvent privilégiée lorsqu’il faut mieux contrôler la pénétration et le remplissage sur des épaisseurs plus importantes. La descendante peut être utile sur certaines faibles épaisseurs ou applications validées.

Pourquoi mon cordon vertical coule-t-il ?

Un cordon vertical qui coule vient souvent d’un bain trop chaud, d’une intensité trop élevée, d’une vitesse trop lente, d’un apport excessif ou d’un angle mal adapté. Il faut réduire la taille du bain et stabiliser le geste.

Peut-on souder en verticale avec tous les procédés ?

Le soudage vertical peut se pratiquer avec plusieurs procédés, notamment MMA, MIG/MAG et TIG, mais les réglages, consommables et gestes doivent être adaptés. Tous les consommables ne conviennent pas forcément à toutes les positions.

Faut-il faire des mouvements en triangle ou en zigzag ?

Certains mouvements peuvent aider en verticale montante, mais ils doivent rester courts et maîtrisés. Un mouvement trop large grossit le bain et augmente les risques de coulures ou de bourrelets.

Comment savoir si une soudure verticale est correcte ?

Il faut observer la régularité du cordon, la fusion des bords, l’absence de coulures, de sous-coupe, de porosités, d’inclusions ou de manque de fusion. En contexte professionnel, il faut appliquer les contrôles exigés par la procédure et le cahier des charges.


Ressources externes sur le soudage vertical et les positions

Pour compléter cette page, voici quelques ressources utiles sur les positions de soudage, les repères techniques, la prévention et la sécurité :

🔹 Normes et repères techniques

  • ISO 6947:2019 – Page officielle ISO sur les positions de soudage pour les essais et la production.
  • ISO OBP – Plateforme officielle de consultation terminologique et normative de l’ISO.
  • Miller Welds – Guide pédagogique sur les positions de base en soudage, dont les repères 3G et 3F.

🔹 Prévention et sécurité

  • Soudage de métaux – Ressource INRS sur les principaux risques liés aux opérations de soudage.
  • Fumées de soudage – Dossier INRS sur les risques liés aux fumées de soudage et les mesures de prévention.
  • Soudeur / Soudeuse – Fiche métier Onisep sur le métier, les compétences et les formations possibles.