Peut-on souder sans gaz de protection ?
Oui, plusieurs procédés permettent de souder sans utiliser de bouteille de gaz de protection externe. C’est notamment le cas du soudage MMA à l’électrode enrobée, de certains fils fourrés autoprotégés et du soudage sous flux en poudre. Cela ne signifie toutefois pas que le bain de fusion reste sans protection : celle-ci est simplement produite ou assurée autrement.
Souder sans bouteille de gaz ne signifie pas souder sans protection
À haute température, le métal liquide peut réagir avec l’oxygène, l’azote et d’autres éléments présents dans l’atmosphère. Une protection du bain de fusion est donc nécessaire pour limiter les contaminations et obtenir une soudure de qualité satisfaisante.
Avec le TIG ou le MIG/MAG conventionnel, cette protection est assurée par un gaz provenant d’une bouteille et acheminé jusqu’à la torche. D’autres procédés utilisent au contraire un enrobage, un flux ou des composés intégrés au consommable pour créer cette protection pendant le soudage.
Il est donc plus précis de parler de soudage sans gaz de protection externe plutôt que de soudage totalement dépourvu de protection.
Le soudage MMA fonctionne sans bouteille de gaz
Le soudage MMA à l’électrode enrobée constitue probablement l’exemple le plus courant. Lorsque l’arc est établi, l’enrobage qui entoure l’âme métallique de l’électrode se décompose sous l’effet de la chaleur et participe à la protection de la zone de soudage.
Il produit notamment des gaz protecteurs et forme un laitier qui recouvre le métal déposé pendant son refroidissement. Ce laitier solidifié doit généralement être retiré après le soudage ou entre les passes.
Le MMA ne nécessite donc pas de bouteille de gaz externe, ce qui contribue à sa simplicité et à sa mobilité. Pour approfondir son fonctionnement, consultez notre guide complet du soudage MMA.
Certains fils fourrés permettent également de souder sans gaz externe
Le fil fourré est un fil tubulaire contenant des substances dont la composition varie selon le type de consommable et l’application recherchée. Certains fils doivent être utilisés avec une protection gazeuse externe, tandis que d’autres sont conçus pour être autoprotégés.
Dans le cas d’un fil fourré autoprotégé, les composants présents à l’intérieur du fil réagissent pendant le soudage et génèrent la protection nécessaire autour de l’arc et du bain de fusion. Un laitier se forme généralement également à la surface du cordon.
C’est ce type de consommable qui est souvent commercialisé auprès du grand public sous les appellations « fil sans gaz » ou « soudage sans gaz ».
Un poste vendu comme « MIG sans gaz » utilise généralement du fil fourré autoprotégé
L’expression « MIG sans gaz » est très répandue dans le commerce, mais elle peut prêter à confusion. Le véritable procédé MIG repose, par définition, sur l’utilisation d’un gaz de protection inerte fourni extérieurement.
Lorsqu’un poste à fil continu fonctionne sans bouteille grâce à un fil fourré autoprotégé, il est donc plus juste de parler de soudage au fil fourré autoprotégé que de MIG sans gaz.
La machine peut parfois accepter à la fois du fil plein avec gaz et du fil fourré autoprotégé. Il faut alors respecter les recommandations du fabricant concernant le type de fil, les galets d’entraînement, les réglages et notamment la polarité demandée par le consommable.
Le soudage sous flux en poudre n’utilise pas non plus de gaz externe
Le soudage à l’arc sous flux en poudre, également appelé SAW, utilise un flux granulaire qui recouvre la zone de soudage. L’arc se développe sous cette couche de flux, qui protège le bain de fusion de l’atmosphère.
Ce procédé est principalement destiné à des applications industrielles, notamment lorsque de fortes productivités, des cordons longs ou le soudage de pièces relativement épaisses sont recherchés.
Il illustre lui aussi le principe selon lequel l’absence de bouteille de gaz ne signifie pas absence de protection. Pour en savoir plus, consultez notre guide du soudage à l’arc sous flux en poudre.
Le TIG nécessite en revanche un gaz de protection externe
Le soudage TIG utilise une électrode en tungstène non fusible qui doit être protégée, tout comme le bain de fusion, contre l’atmosphère environnante. Cette fonction est assurée par un gaz inerte envoyé par la torche, généralement de l’argon.
Souder en TIG sans alimentation correcte en gaz entraînerait rapidement une contamination de l’électrode et du bain ainsi qu’une forte dégradation de la qualité de la soudure.
Le gaz constitue donc un élément indispensable du procédé TIG dans son fonctionnement normal.
Le MIG/MAG avec fil plein nécessite lui aussi une protection gazeuse
Avec un fil plein conventionnel, le MIG/MAG utilise un gaz délivré par la torche pour protéger l’arc et le bain de fusion. En MIG, cette protection est inerte ; en MAG, elle contient un composant actif.
Supprimer simplement le gaz d’un réglage prévu pour fonctionner avec du fil plein ne transforme donc pas le procédé en véritable soudage « sans gaz ». Le bain serait insuffisamment protégé et la qualité de la soudure fortement compromise.
Pour approfondir le procédé, consultez notre guide du soudage MIG/MAG.
Quels sont les avantages du soudage sans bouteille de gaz ?
L’absence de bouteille facilite le transport du matériel et peut être intéressante pour les interventions mobiles, les réparations ou certains travaux réalisés à l’extérieur. Elle évite également d’avoir à transporter, stocker et raccorder une bouteille de gaz.
Les procédés autoprotégés sont aussi généralement moins sensibles au vent qu’une protection gazeuse délivrée autour de la torche, laquelle peut être dispersée par les courants d’air.
Ces avantages ne signifient pas pour autant qu’ils remplacent systématiquement le TIG ou le MIG/MAG avec gaz. Le choix dépend du matériau, de l’épaisseur, de la qualité recherchée, de la productivité et des conditions de travail.
Quel procédé choisir pour souder sans gaz externe ?
Pour des réparations, de la maintenance ou des travaux courants sur acier, le MMA constitue une solution simple, robuste et éprouvée. Le fil fourré autoprotégé peut être intéressant lorsque l’on souhaite conserver l’alimentation continue d’un poste à fil tout en travaillant sans bouteille de gaz.
Le soudage sous flux en poudre répond quant à lui à des besoins beaucoup plus industriels et ne constitue pas une alternative courante pour les petits travaux d’atelier.
Le choix doit donc être fait en fonction du travail à réaliser plutôt qu’en recherchant systématiquement un procédé « sans gaz ».
En résumé : oui, il est possible de souder sans bouteille de gaz de protection. Le MMA utilise l’enrobage de son électrode, le fil fourré autoprotégé contient les éléments nécessaires à sa protection et le soudage sous flux en poudre utilise une couche de flux granulaire. En revanche, le TIG et le MIG/MAG conventionnel avec fil plein nécessitent une protection gazeuse externe. Parler de « soudage sans gaz » est donc pratique, mais techniquement il est plus juste de parler de soudage sans bouteille de gaz externe.