Quelle différence entre un DMOS et une QMOS ?

Le DMOS décrit les conditions prévues pour réaliser une soudure, tandis que la QMOS permet de démontrer qu’un mode opératoire a été qualifié dans un domaine déterminé. Le premier sert principalement à indiquer comment le soudage doit être exécuté en production ; la seconde apporte les éléments issus de la qualification qui justifient l’utilisation de ce mode opératoire.

DMOS signifie descriptif de mode opératoire de soudage

Le DMOS est un document technique qui décrit les conditions dans lesquelles une opération de soudage doit être réalisée.

Il indique les variables nécessaires à l’exécution du joint : procédé utilisé, matériaux, préparation, consommables, paramètres électriques, position de soudage, températures éventuelles et autres informations adaptées à la fabrication.

Le soudeur ou l’opérateur dispose ainsi d’un ensemble de consignes permettant de reproduire les conditions prévues pour l’assemblage.

Le terme anglais correspondant au DMOS est WPS

Dans la documentation internationale, le DMOS correspond au WPS, pour Welding Procedure Specification.

Les deux expressions désignent donc le même type de document : une spécification décrivant la manière dont le soudage doit être réalisé.

Selon les entreprises, les secteurs industriels et les documents contractuels, on rencontre aussi bien l’abréviation française DMOS que l’abréviation anglaise WPS.

La QMOS concerne la qualification du mode opératoire

La QMOS est liée à la démonstration qu’un mode opératoire de soudage permet d’obtenir un assemblage satisfaisant lorsqu’il est appliqué dans des conditions déterminées.

Une épreuve de qualification est réalisée sur un assemblage représentatif suivant le référentiel applicable. La soudure produite fait ensuite l’objet des examens et essais prévus.

Lorsque les résultats répondent aux exigences, la qualification permet de définir le domaine dans lequel le mode opératoire peut être utilisé.

Le terme WPQR est fréquemment associé à la QMOS

Dans la documentation internationale, on rencontre couramment l’abréviation WPQR, pour Welding Procedure Qualification Record.

Ce document consigne les conditions réellement utilisées lors de l’épreuve ainsi que les informations permettant d’établir la qualification du mode opératoire.

Dans le langage courant des ateliers et services qualité, le terme QMOS est souvent utilisé pour désigner la qualification elle-même ou le dossier qui en résulte.

Le DMOS explique comment souder

La fonction pratique du DMOS est avant tout de définir les conditions à appliquer pendant la fabrication.

Le document peut notamment préciser :

  • le procédé de soudage
  • le type d’assemblage
  • la préparation des bords
  • le matériau de base
  • le métal d’apport
  • le diamètre du fil ou de l’électrode
  • le gaz de protection lorsqu’il est utilisé
  • la polarité
  • les paramètres de courant et de tension
  • la vitesse de dévidage ou de déplacement lorsqu’elle est pertinente
  • la position de soudage
  • le préchauffage éventuel
  • la température entre passes lorsque celle-ci doit être contrôlée
  • la séquence et le nombre de passes

Le contenu exact dépend du procédé et du référentiel utilisé. Notre dossier DMOS et WPS : rôle, contenu et utilisation détaille ces différents éléments.

La QMOS démontre que le mode opératoire a été éprouvé

La QMOS n’est pas simplement une seconde version du DMOS. Son rôle est différent : elle est liée à l’épreuve permettant de qualifier le mode opératoire.

Lors de cette qualification, les conditions de réalisation sont enregistrées puis l’assemblage est soumis aux examens et essais demandés par la norme ou le code applicable.

La qualification sert ensuite de base pour établir ou valider les conditions utilisables en production dans le domaine couvert.

On peut donc résumer la différence par « instruction » et « justification »

Le DMOS peut être considéré comme le document d’instruction utilisé pour réaliser la soudure.

La QMOS constitue quant à elle la justification technique permettant d’établir que le mode opératoire a satisfait à une qualification suivant les conditions prévues.

Les deux documents sont donc complémentaires : l’un organise l’exécution de la soudure, l’autre apporte la base de qualification sur laquelle cette procédure peut s’appuyer.

Élément DMOS / WPS QMOS / WPQR
Fonction principale Décrire comment réaliser la soudure Enregistrer et justifier la qualification du mode opératoire
Utilisation Fabrication et instructions de soudage Qualification et dossier qualité
Contenu Conditions et paramètres à appliquer Conditions de l’épreuve et résultats de qualification
Lien avec la production Document utilisé pour réaliser les assemblages Définit la base et le domaine de qualification utilisables
Abréviation anglaise WPS WPQR

Un DMOS peut exister avant la qualification

Pour préparer une épreuve de qualification, il faut définir à l’avance les conditions dans lesquelles l’assemblage d’essai sera soudé.

Ces conditions peuvent être regroupées dans un descriptif préliminaire de mode opératoire, souvent désigné par le terme pWPS dans la documentation anglophone.

Ce document sert de base à l’épreuve. Il ne doit pas être confondu avec un DMOS définitif établi sur la base d’une qualification lorsque celle-ci est requise.

L’épreuve de qualification sert à vérifier le mode opératoire proposé

L’assemblage d’essai est soudé suivant les conditions prévues puis soumis aux contrôles et essais définis par le référentiel applicable.

Selon la situation, cela peut comprendre des contrôles non destructifs ainsi que des essais destructifs destinés à examiner différentes caractéristiques du joint.

Si les résultats satisfont aux critères demandés, les données de l’épreuve permettent d’établir le document de qualification correspondant.

La QMOS possède un domaine de qualification

Une épreuve réalisée sur une configuration donnée ne signifie pas que toutes les soudures imaginables sont automatiquement couvertes.

Le référentiel de qualification définit un domaine autour des conditions utilisées pendant l’épreuve. Certaines variables permettent une extension déterminée tandis que d’autres sont plus restrictives.

Le type de matériau, l’épaisseur, le diamètre, le procédé, le type de joint et d’autres paramètres peuvent intervenir dans ce domaine suivant la norme ou le code utilisé.

Le DMOS de production doit rester compatible avec la qualification applicable

Lorsqu’un mode opératoire doit être qualifié, le DMOS utilisé pour la production doit rester dans le domaine couvert par la qualification correspondante.

Il ne suffit donc pas de posséder une QMOS portant vaguement sur le même procédé pour pouvoir appliquer n’importe quels paramètres.

Les variables du DMOS doivent être vérifiées afin de confirmer qu’elles restent compatibles avec le domaine défini par le document de qualification.

Plusieurs DMOS peuvent parfois s’appuyer sur une même qualification

Une qualification définit généralement un domaine et pas seulement une combinaison unique de valeurs.

Lorsque plusieurs DMOS restent à l’intérieur de ce domaine et que le référentiel le permet, ils peuvent être couverts par la même qualification.

Il faut cependant vérifier les variables concernées une par une plutôt que de conclure automatiquement qu’une seule QMOS couvre toutes les procédures d’un atelier.

Un même DMOS ne peut pas être rattaché arbitrairement à n’importe quelle QMOS

La qualification utilisée doit réellement couvrir les conditions prévues dans le DMOS.

Un changement important de procédé, de matériau ou d’autres variables essentielles peut nécessiter une autre qualification suivant le référentiel appliqué.

Le simple fait que deux documents concernent tous les deux du soudage TIG, MIG/MAG ou MMA ne suffit donc pas à établir qu’ils sont compatibles.

La qualification du mode opératoire est différente de la qualification du soudeur

La QMOS concerne le mode opératoire de soudage, alors que la qualification du soudeur vérifie l’aptitude d’une personne à réaliser une soudure dans un domaine déterminé.

Une entreprise peut donc disposer d’un mode opératoire correctement qualifié sans que cela signifie automatiquement que n’importe quel soudeur est qualifié pour l’exécuter.

Inversement, un soudeur qualifié ne remplace pas la qualification du mode opératoire lorsque celle-ci est exigée par la fabrication.

DMOS et QMOS ne répondent donc pas à la même question

Le DMOS répond essentiellement à la question : « Dans quelles conditions cette soudure doit-elle être réalisée ? »

La QMOS répond plutôt à la question : « Sur quelle qualification démontre-t-on que ce mode opératoire peut être utilisé dans ce domaine ? »

Cette différence explique pourquoi les deux documents peuvent apparaître ensemble dans un dossier de fabrication sans être interchangeables.

L’ISO 15609-1 concerne le descriptif du mode opératoire pour le soudage à l’arc

Pour les applications concernées, l’ISO 15609-1 définit les exigences relatives au contenu d’un descriptif de mode opératoire de soudage pour le soudage à l’arc.

Elle permet notamment de structurer les informations nécessaires pour décrire correctement les conditions prévues pour la réalisation du joint.

Notre guide consacré à l’ISO 15609-1 et au contenu du DMOS/WPS présente plus précisément son rôle.

L’ISO 15614-1 est couramment utilisée pour qualifier un mode opératoire par épreuve

Pour de nombreuses fabrications métalliques réalisées par soudage à l’arc, l’ISO 15614-1 constitue l’une des références rencontrées pour qualifier un mode opératoire à partir d’une épreuve de soudage.

Elle définit notamment les conditions de l’épreuve, les examens à réaliser et le domaine de qualification résultant.

La page ISO 15614-1 : qualification des modes opératoires de soudage détaille le fonctionnement général de cette démarche.

Tous les modes opératoires ne sont pas nécessairement qualifiés de la même façon

L’épreuve de qualification suivant une norme comme l’ISO 15614-1 constitue une méthode importante, mais elle n’est pas la seule méthode susceptible d’être prévue selon le produit, le procédé et le référentiel applicable.

Il faut donc éviter de considérer qu’une seule démarche s’applique automatiquement à toutes les fabrications soudées.

Le contrat, le code de construction, la norme produit et les exigences du client doivent être examinés avant de déterminer la méthode de qualification nécessaire.

La QMOS conserve les informations réellement utilisées pendant l’épreuve

L’un des intérêts du dossier de qualification est de conserver la trace des conditions dans lesquelles l’assemblage d’essai a effectivement été réalisé.

Ces informations permettent de comparer l’épreuve avec les conditions prévues pour la production et de déterminer le domaine couvert suivant le référentiel.

Il est donc important de distinguer une valeur simplement prévue avant l’essai d’une valeur réellement observée ou enregistrée pendant la qualification.

Les résultats des contrôles et essais font partie de la qualification

La qualification ne repose pas uniquement sur le fait qu’un cordon a pu être réalisé sans incident apparent.

L’assemblage doit répondre aux critères prévus par la méthode de qualification. Les contrôles et essais permettent notamment d’évaluer les caractéristiques demandées du joint.

Le dossier de qualification peut donc comporter les résultats ou références des examens nécessaires à la démonstration de conformité de l’épreuve.

Le DMOS est ensuite destiné à être utilisable par la production

Un bon DMOS doit présenter suffisamment clairement les informations nécessaires au personnel chargé du soudage.

Il ne doit pas devenir une simple archive qualité inaccessible dans un dossier administratif alors que les paramètres utiles à la fabrication sont ignorés sur le terrain.

Sa fonction est précisément de traduire les conditions prévues par le mode opératoire en instructions pouvant être appliquées de manière maîtrisée.

Modifier un DMOS peut nécessiter de vérifier à nouveau la qualification

Toutes les modifications n’ont pas nécessairement les mêmes conséquences, mais un changement de variable peut conduire le DMOS à sortir du domaine couvert par la qualification existante.

Avant de modifier un procédé, un matériau, une épaisseur, un consommable ou d’autres conditions importantes, il faut donc vérifier l’incidence de cette modification suivant le référentiel utilisé.

Si la nouvelle configuration n’est plus couverte, une qualification supplémentaire peut être nécessaire.

La présence d’un DMOS ne prouve donc pas à elle seule que le mode opératoire est qualifié

Un document peut parfaitement décrire des paramètres de soudage sans que ces paramètres aient fait l’objet de la qualification exigée pour une fabrication donnée.

Il faut donc vérifier le statut du DMOS et identifier le document sur lequel repose sa qualification lorsque celle-ci est nécessaire.

Dans un dossier qualité, le lien entre le DMOS applicable et la qualification correspondante doit pouvoir être établi clairement.

La présence d’une QMOS ne suffit pas non plus à indiquer au soudeur comment travailler

Le dossier de qualification contient de nombreuses informations techniques, mais il n’est pas destiné à remplacer les instructions de production adaptées au joint à réaliser.

Le soudeur doit disposer du DMOS correspondant à son opération plutôt que devoir reconstituer lui-même les paramètres à partir d’un dossier de qualification.

Cette séparation contribue à garder une documentation à la fois techniquement justifiée et utilisable au poste de travail.

Comment vérifier rapidement qu’un DMOS et une QMOS correspondent ?

Il faut d’abord identifier clairement le numéro ou la référence des deux documents et vérifier le lien documentaire établi par l’entreprise.

Les principales variables du DMOS doivent ensuite être comparées au domaine couvert par la qualification : procédé, matériau, type d’assemblage, dimensions et autres paramètres essentiels suivant le référentiel.

En cas de doute, la vérification doit être réalisée par la personne compétente chargée de la coordination ou de la maîtrise technique du soudage.

Question DMOS QMOS
Comment doit-on souder ? Oui : il décrit les conditions de production Pas sa fonction principale
Le mode opératoire a-t-il été qualifié ? Il peut faire référence à la qualification Oui : elle apporte la base de qualification
Quels paramètres appliquer au poste ? Ils sont indiqués dans le DMOS Elle conserve les données de l’épreuve
Quel est le domaine qualifié ? Doit rester à l’intérieur de ce domaine Le domaine résulte de la qualification
Document à utiliser directement en production ? Oui Principalement document de qualification

Quelle est donc la différence essentielle entre un DMOS et une QMOS ?

Le DMOS est le document qui décrit les conditions de réalisation d’une soudure : préparation, procédé, consommables, paramètres et autres variables nécessaires à la production.

La QMOS est liée à la qualification du mode opératoire et apporte les éléments issus de l’épreuve permettant de démontrer qu’il peut être utilisé dans un domaine déterminé.

En pratique, on peut retenir une distinction simple : le DMOS indique comment souder ; la QMOS justifie la qualification du mode opératoire utilisé pour établir ces conditions.

En résumé : le DMOS, ou WPS, est avant tout un document de fabrication. Il décrit les conditions à respecter pour réaliser une soudure de manière reproductible : procédé, préparation, matériaux, consommables, paramètres, position et autres variables pertinentes. La QMOS, souvent associée au WPQR dans la documentation internationale, concerne la qualification du mode opératoire. Elle résulte d’une épreuve réalisée suivant un référentiel applicable et permet de déterminer le domaine dans lequel le procédé est qualifié. Un DMOS utilisé en production doit donc rester compatible avec la qualification sur laquelle il s’appuie lorsque celle-ci est exigée. Les deux documents sont complémentaires mais ne sont pas interchangeables : le DMOS explique comment réaliser la soudure, tandis que la QMOS apporte la justification de la qualification du mode opératoire.