Un DMOS est-il obligatoire pour réaliser une soudure ?
Un DMOS n’est pas exigé de la même manière pour toutes les opérations de soudage. Sa nécessité dépend notamment du produit fabriqué, du référentiel réglementaire, normatif ou contractuel applicable et des exigences qualité imposées au projet. Dans certaines fabrications industrielles, une procédure écrite constitue une exigence formelle ; dans d’autres situations, elle relève principalement de l’organisation technique de l’entreprise.
Il n’existe pas une obligation universelle de DMOS pour toute soudure
Le simple fait de réaliser une opération de soudage ne signifie pas automatiquement qu’un DMOS formel doit être établi.
Une petite réparation réalisée hors d’un cadre normatif particulier, une fabrication personnelle et une construction industrielle soumise à un code ne répondent pas aux mêmes exigences documentaires.
Avant de conclure qu’un DMOS est obligatoire ou non, il faut donc déterminer dans quel cadre la soudure est réalisée.
Le type de produit fabriqué est l’un des premiers éléments à examiner
Les exigences applicables à une soudure dépendent fortement de la fonction du produit et de son domaine d’utilisation.
Une structure métallique, un équipement sous pression, une tuyauterie industrielle, un véhicule ferroviaire ou un simple support fabriqué dans un atelier peuvent relever de référentiels très différents.
Certains de ces domaines imposent une maîtrise documentée des opérations de soudage beaucoup plus poussée que d’autres.
Une norme produit peut imposer l’utilisation de procédures de soudage documentées
Une norme applicable au produit fabriqué peut contenir des exigences concernant la préparation, la qualification et l’utilisation des modes opératoires de soudage.
Dans ce cas, l’entreprise ne choisit pas librement de travailler avec ou sans procédure écrite : elle doit respecter les dispositions prévues par le référentiel applicable.
Le DMOS devient alors un élément du système utilisé pour démontrer que les opérations sont réalisées conformément aux exigences techniques définies.
Un code de construction peut lui aussi exiger une procédure de soudage
Certains secteurs utilisent des codes de construction définissant précisément les conditions de fabrication, de qualification et de contrôle des assemblages soudés.
Ces documents peuvent imposer l’établissement d’une procédure de soudage et préciser la manière dont elle doit être qualifiée avant son utilisation en production.
Il faut donc toujours consulter le code réellement applicable au projet plutôt que d’appliquer une règle générale à toutes les fabrications.
Le contrat peut rendre le DMOS obligatoire même lorsqu’aucune règle générale ne l’impose
Un client peut exiger la fourniture et l’approbation de procédures de soudage dans le cadre de son cahier des charges.
Cette exigence devient alors contractuelle pour la fabrication concernée, même si une autre réalisation similaire effectuée pour un autre client ne demande pas le même niveau documentaire.
Les exigences contractuelles doivent donc être examinées avant le début de la production.
Les spécifications techniques du client peuvent être plus exigeantes que les besoins habituels de l’atelier
Certains donneurs d’ordre possèdent leurs propres spécifications de soudage en complément des normes ou codes généraux.
Elles peuvent imposer un format de DMOS, des limites de paramètres, des méthodes particulières de qualification ou une approbation préalable avant le démarrage de la fabrication.
Un atelier habitué à travailler avec ses propres procédures doit alors vérifier qu’elles répondent bien aux exigences particulières du projet.
L’ISO 3834 s’inscrit dans une démarche de maîtrise qualité du soudage
La famille ISO 3834 traite des exigences de qualité relatives au soudage par fusion des matériaux métalliques.
Dans une organisation répondant aux exigences applicables de cette démarche, les opérations de soudage doivent être planifiées, définies et maîtrisées au moyen de documents adaptés.
Le DMOS constitue alors un outil essentiel permettant de transformer les exigences techniques du projet en instructions utilisables pendant la fabrication.
Le DMOS n’est pas seulement un document destiné aux audits
Lorsqu’un DMOS est exigé, son rôle ne consiste pas simplement à remplir un classeur pour satisfaire un client, un organisme ou un auditeur.
Il doit décrire les conditions permettant au personnel de réaliser la soudure conformément au mode opératoire prévu.
Un document parfaitement classé mais jamais disponible ou appliqué en production perd donc l’essentiel de son intérêt technique.
Le DMOS permet de définir des conditions reproductibles
Même lorsqu’aucune obligation formelle n’existe, une procédure écrite peut être utile pour maintenir des conditions de soudage régulières.
Elle permet notamment de fixer le procédé, les consommables, les paramètres, la préparation, les températures éventuelles et les autres variables nécessaires à l’assemblage.
Cette formalisation réduit la dépendance aux habitudes individuelles lorsque plusieurs personnes doivent reproduire la même fabrication.
Une instruction orale ne remplace pas un DMOS lorsqu’un document est exigé
Dans un petit atelier, les réglages peuvent parfois être transmis oralement entre personnes expérimentées.
Cette pratique ne répond toutefois pas à une exigence imposant une procédure documentée, identifiable et contrôlée.
Lorsque le référentiel demande un DMOS, les informations doivent être formalisées dans le document prévu et gérées suivant les règles applicables à la fabrication.
Le DMOS doit identifier les paramètres nécessaires à l’opération
Le contenu dépend du procédé utilisé, mais un DMOS peut notamment préciser le matériau, le type d’assemblage, la préparation des bords, le consommable, la position et les paramètres électriques.
Il peut également inclure le gaz de protection, les températures de préchauffage et entre passes, la séquence de soudage ou d’autres variables importantes.
Notre dossier DMOS et WPS : rôle, contenu et utilisation présente plus en détail la structure de ce document.
L’ISO 15609-1 définit le contenu des descriptifs pour certaines opérations de soudage à l’arc
Lorsqu’elle est applicable, l’ISO 15609-1 fournit les exigences relatives au contenu d’un descriptif de mode opératoire de soudage pour le soudage à l’arc.
Elle permet de structurer les variables devant être documentées afin que les conditions prévues pour la production soient clairement définies.
La page ISO 15609-1 : contenu du DMOS et du WPS explique plus précisément cette organisation.
Un DMOS peut devoir être qualifié avant son utilisation
L’existence d’un DMOS et la qualification du mode opératoire sont deux questions liées mais distinctes.
Dans certaines fabrications, il ne suffit pas de rédiger une procédure : il faut également démontrer que le mode opératoire satisfait aux exigences du référentiel applicable.
Cette qualification peut être réalisée suivant une méthode prévue par la norme ou le code utilisé.
Un DMOS écrit n’est donc pas automatiquement un DMOS qualifié
Il est techniquement possible de rédiger un document décrivant précisément une soudure sans que celui-ci soit encore appuyé par la qualification requise pour une fabrication particulière.
Il faut donc distinguer l’existence du document de son statut vis-à-vis du référentiel.
Lorsque la qualification est exigée, le DMOS utilisé en production doit être couvert par la qualification appropriée.
Un descriptif préliminaire peut être utilisé avant l’épreuve de qualification
Lorsqu’un mode opératoire doit être qualifié par une épreuve, les conditions prévues pour réaliser l’assemblage d’essai doivent d’abord être définies.
Un descriptif préliminaire, souvent désigné par l’abréviation pWPS dans la documentation internationale, peut servir de base à cette étape.
Après une qualification satisfaisante, la procédure destinée à la production peut être établie dans le domaine couvert.
La QMOS ne remplace pas le DMOS de production
La qualification du mode opératoire fournit la justification technique sur laquelle le DMOS peut s’appuyer lorsqu’une qualification est nécessaire.
Elle ne constitue cependant pas automatiquement l’instruction pratique à remettre au soudeur pour chaque fabrication.
Notre réponse Quelle différence entre un DMOS et une QMOS ? détaille la fonction respective de ces deux documents.
La qualification du soudeur ne remplace pas non plus le DMOS
Un soudeur qualifié possède une qualification démontrant son aptitude dans un domaine défini.
Cela ne signifie pas qu’il lui appartient de choisir librement les conditions de fabrication lorsque le projet exige l’application d’un mode opératoire précis.
Qualification du personnel et procédure de soudage répondent donc à deux exigences différentes et complémentaires.
Un soudeur expérimenté peut avoir besoin d’un DMOS
L’expérience professionnelle ne supprime pas les exigences documentaires applicables à une fabrication.
Un soudeur possédant plusieurs années de pratique peut parfaitement être tenu d’utiliser un DMOS lorsque le contrat ou le référentiel l’exige.
Le document ne remet pas en cause son savoir-faire : il définit les conditions techniques dans lesquelles celui-ci doit être appliqué pour le joint concerné.
Un DMOS ne doit pas nécessairement être créé pour chaque soudure individuelle
Une procédure peut couvrir plusieurs assemblages lorsque leurs caractéristiques restent compatibles avec son domaine d’utilisation et, lorsqu’elle est qualifiée, avec le domaine de la qualification correspondante.
Il n’est donc généralement pas nécessaire de créer un document entièrement différent pour chaque cordon identique réalisé dans une série.
L’objectif consiste plutôt à rattacher chaque opération au DMOS réellement applicable.
Une même fabrication peut nécessiter plusieurs DMOS
Un produit complexe peut comporter plusieurs matériaux, épaisseurs, procédés ou types d’assemblages.
Il peut alors être nécessaire d’utiliser plusieurs procédures afin de couvrir correctement les différentes configurations rencontrées.
La documentation de fabrication doit permettre au personnel d’identifier clairement celle qui correspond à chaque joint.
Un changement important peut rendre le DMOS existant inadapté
Une procédure définie pour une configuration particulière ne peut pas être étendue arbitrairement à n’importe quelle nouvelle situation.
Changer de procédé, de groupe de matériaux, de dimensions ou d’autres variables importantes peut nécessiter de réexaminer le DMOS et, lorsque cela est applicable, la qualification associée.
Le domaine couvert doit être vérifié avant d’utiliser la même procédure sur une nouvelle fabrication.
Les révisions du DMOS doivent être maîtrisées
Lorsqu’une procédure est utilisée dans un système qualité, il est important de pouvoir identifier sa version et les modifications effectuées.
Une ancienne version ne doit pas continuer à circuler dans l’atelier si elle a été remplacée par un document révisé applicable à la fabrication.
Cette maîtrise documentaire évite notamment que deux équipes utilisent des instructions différentes pour un même assemblage.
Le DMOS participe à la traçabilité du processus de soudage
Dans les fabrications soumises à des exigences qualité importantes, il peut être nécessaire de démontrer quelle procédure a été utilisée pour réaliser les assemblages.
La référence du DMOS peut alors apparaître dans les documents de suivi de fabrication avec d’autres informations comme l’identification du soudeur, des matériaux ou des consommables.
Cette organisation facilite les vérifications ultérieures et la constitution du dossier qualité.
Les contrôles après soudage ne remplacent pas une procédure exigée
Un assemblage peut être soumis à un contrôle visuel, un ressuage, une radiographie ou d’autres examens après réalisation.
Ces contrôles vérifient certaines caractéristiques du résultat obtenu mais ne remplacent pas la maîtrise du procédé lorsque le référentiel exige l’application d’un DMOS.
La qualité d’une fabrication soudée repose donc à la fois sur la préparation du processus, son exécution et les contrôles nécessaires.
Une soudure visuellement correcte ne démontre pas que la procédure exigée a été respectée
L’apparence d’un cordon ne permet pas de vérifier toutes les conditions dans lesquelles il a été réalisé.
Des paramètres non conformes, une température incorrecte ou un consommable inadapté peuvent ne pas être immédiatement visibles à la surface.
Lorsque le projet impose un DMOS, l’objectif est précisément de maîtriser ces variables avant et pendant la fabrication plutôt que de se fier uniquement au résultat visuel.
Les opérations robotisées ou automatisées nécessitent elles aussi des conditions définies
L’utilisation d’un robot ou d’un système automatisé ne supprime pas la nécessité de définir les paramètres de soudage.
Au contraire, les programmes, paramètres électriques, vitesses, séquences et autres variables doivent être maîtrisés afin que les cycles soient reproductibles.
Lorsque le référentiel exige une procédure documentée, l’automatisation ne constitue donc pas une dispense de DMOS.
La réparation peut également nécessiter un DMOS
Une opération de réparation n’échappe pas automatiquement aux exigences de procédure simplement parce qu’elle ne concerne pas une fabrication neuve.
La nature de l’équipement, son référentiel d’origine, les exigences du propriétaire et les conditions de réparation doivent être examinés.
Dans certaines situations, une procédure spécifique peut être nécessaire afin de tenir compte du matériau, de l’état de la pièce et des contraintes propres à l’intervention.
Une petite fabrication non réglementée peut être réalisée sans DMOS formel
Toutes les opérations d’un atelier ne relèvent pas nécessairement d’un code ou d’une norme imposant une procédure formalisée.
Pour une fabrication simple sans exigence contractuelle ou normative particulière, il peut donc ne pas exister d’obligation formelle de rédiger un DMOS complet.
Il reste néanmoins nécessaire de choisir correctement le procédé, les consommables et les paramètres afin d’obtenir une soudure adaptée à l’usage prévu.
L’absence d’obligation ne signifie donc pas absence de méthode
Un soudeur doit toujours déterminer comment préparer et réaliser correctement son assemblage.
La différence est que cette méthode n’a pas nécessairement à prendre la forme d’un DMOS normalisé et géré dans un système documentaire lorsque la fabrication n’est soumise à aucune exigence correspondante.
Dans un atelier répétitif, formaliser malgré tout les réglages utiles peut considérablement améliorer la reproductibilité.
| Situation | DMOS | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Fabrication soumise à une norme ou un code exigeant une procédure | Requis suivant le référentiel | Exigences du document applicable |
| Exigence contractuelle du client | Requis si le contrat l’impose | Cahier des charges et spécifications |
| Fabrication intégrée à un système qualité soudage | Généralement nécessaire pour maîtriser les opérations concernées | Procédures internes et exigences applicables |
| Réparation d’un équipement réglementé ou critique | Peut être exigé | Référentiel de l’équipement et procédure de réparation |
| Petite fabrication sans exigence normative ou contractuelle spécifique | Pas nécessairement obligatoire | Exigences techniques réelles de l’assemblage |
Qui détermine si un DMOS est nécessaire ?
La réponse ne doit pas être laissée à une appréciation improvisée au moment de commencer la soudure.
L’entreprise doit identifier les exigences applicables lors de la préparation du travail : réglementation, norme produit, code de construction, contrat, spécifications du client et organisation qualité interne.
Selon la structure de l’entreprise, cette analyse peut notamment relever du service méthodes, du responsable qualité ou de la coordination en soudage.
Le coordinateur en soudage peut participer à cette vérification
Dans les organisations disposant d’une coordination en soudage, celle-ci intervient dans la maîtrise des activités techniques associées à la fabrication.
L’examen des exigences, des procédures, des qualifications et de leur adéquation avec les assemblages à réaliser fait partie des éléments qui doivent être organisés.
Notre dossier Coordination en soudage selon l’ISO 14731 présente plus précisément ce rôle.
Le sous-traitant doit également connaître les exigences applicables
Confier le soudage à une autre entreprise ne fait pas disparaître les prescriptions du projet.
Le sous-traitant doit disposer des informations nécessaires pour savoir quelles procédures, qualifications et contrôles sont exigés pour les assemblages qui lui sont confiés.
Ces exigences doivent être clarifiées avant le démarrage de la production afin d’éviter qu’une soudure techniquement satisfaisante soit ensuite rejetée pour absence de documentation requise.
Il faut vérifier les exigences avant de commencer à souder
Découvrir après fabrication qu’un DMOS qualifié était exigé peut entraîner des conséquences importantes.
La soudure déjà réalisée ne peut pas toujours être simplement régularisée en rédigeant un document après coup, puisque celui-ci n’apporte aucune preuve que les conditions prévues ont réellement été appliquées.
L’examen documentaire doit donc faire partie de la préparation de l’opération et non de la clôture administrative du chantier.
Comment savoir concrètement si un DMOS est obligatoire ?
Il faut commencer par identifier le produit fabriqué et tous les documents contractuels ou réglementaires applicables.
La norme produit, le code de construction, les spécifications du client et les exigences qualité doivent ensuite être examinés pour déterminer s’ils imposent une procédure de soudage et sous quelle forme.
Si une qualification du mode opératoire est demandée, il faut également vérifier la méthode de qualification et le domaine couvert avant d’établir le DMOS destiné à la production.
Un DMOS est-il donc obligatoire pour réaliser une soudure ?
Pas systématiquement. Il n’existe pas une règle générale imposant un DMOS formel pour chaque cordon réalisé, quelle que soit sa destination.
En revanche, dès qu’une norme, un code de construction, une réglementation, un contrat, une spécification client ou le système qualité applicable exige une procédure documentée, celle-ci doit être établie et utilisée conformément aux exigences concernées.
Même lorsqu’aucune obligation formelle n’existe, documenter les conditions de soudage reste souvent une bonne pratique pour assurer la répétabilité et éviter que les réglages reposent uniquement sur la mémoire ou les habitudes de chacun.
En résumé : un DMOS n’est pas universellement obligatoire pour toutes les opérations de soudage. Sa nécessité dépend du produit fabriqué et du cadre dans lequel la soudure est réalisée : réglementation, norme produit, code de construction, contrat, spécifications du client ou système qualité de l’entreprise. Dans une fabrication soumise à des exigences documentaires, le DMOS définit les conditions que le personnel doit respecter et peut devoir être appuyé par une qualification du mode opératoire. Pour une réalisation simple ne relevant d’aucune exigence de ce type, un DMOS formel peut ne pas être requis. Cela ne dispense toutefois jamais de déterminer correctement les matériaux, le procédé, les consommables, la préparation et les paramètres nécessaires à l’assemblage.