Une qualification de soudeur permet-elle de souder tous les procédés et matériaux ?
Non. Une qualification de soudeur possède un domaine déterminé par l’épreuve réalisée et par le référentiel applicable. Elle ne constitue pas une autorisation générale permettant de souder avec tous les procédés, tous les consommables, sur toutes les épaisseurs ou dans toutes les positions. Avant d’affecter un soudeur à une fabrication, son certificat doit donc être comparé au DMOS et à la configuration réelle de l’assemblage.
Une qualification de soudeur possède toujours un domaine défini
L’épreuve de qualification est réalisée dans des conditions déterminées : procédé, type de produit et de soudure, consommable, dimensions, position et autres caractéristiques prévues par le référentiel.
À partir de cette épreuve, des règles permettent d’établir un domaine dans lequel le soudeur est considéré comme qualifié.
Ce domaine peut être plus large que la configuration exacte de l’éprouvette, mais il possède toujours des limites.
Le certificat n’est donc pas une licence universelle de soudage
La mention « soudeur qualifié » ne suffit pas à déterminer si une personne peut réaliser une opération particulière.
Il faut savoir suivant quelle norme elle a été qualifiée et examiner le domaine indiqué sur son certificat.
Deux soudeurs possédant chacun une qualification valide peuvent ainsi être autorisés à réaliser des assemblages différents.
Le procédé de soudage constitue une première limite importante
La qualification est liée au procédé utilisé lors de l’épreuve suivant les règles du référentiel applicable.
Une personne qualifiée en TIG ne doit donc pas être considérée automatiquement comme qualifiée en MAG, MMA ou avec tout autre procédé simplement parce qu’elle sait techniquement les utiliser.
Chaque changement doit être comparé aux règles de domaine prévues pour la qualification concernée.
Une qualification TIG n’est pas automatiquement une qualification MAG
Le TIG et le MAG utilisent des équipements, des métaux d’apport et des techniques de manipulation très différents.
La réussite d’une épreuve avec l’un de ces procédés ne démontre donc pas formellement l’aptitude demandée pour l’autre.
Si la fabrication exige une qualification avec le procédé réellement utilisé, le certificat doit explicitement couvrir celui-ci.
Il en va de même pour le soudage à l’électrode enrobée
Le soudage MMA demande notamment de contrôler manuellement la longueur d’arc, l’angle de l’électrode et sa progression tout en compensant sa consommation.
Cette aptitude n’est pas identique à celle évaluée avec une torche TIG ou un procédé à fil continu.
Une qualification obtenue avec un autre procédé ne doit donc pas être transposée sans vérification au procédé 111.
Les numéros de procédés permettent d’éviter les ambiguïtés
Les documents de qualification utilisent des désignations normalisées permettant d’identifier précisément le procédé concerné.
Cette méthode est plus fiable que les appellations générales ou commerciales utilisées dans les ateliers.
Le procédé porté sur le certificat peut ainsi être comparé directement à celui indiqué sur le DMOS de production.
Une qualification peut parfois combiner plusieurs procédés
Certains assemblages sont réalisés avec plusieurs procédés, par exemple une passe de racine TIG suivie d’un remplissage réalisé avec un autre procédé.
Une épreuve de qualification peut être conçue pour couvrir une combinaison déterminée suivant les règles applicables.
Le domaine résultant doit néanmoins être lu précisément : la présence de deux procédés sur un certificat ne signifie pas nécessairement que chacun est qualifié sans restriction dans toutes les configurations possibles.
Le type de produit fait également partie des caractéristiques importantes
Une épreuve peut être réalisée sur une tôle ou sur un tube.
La manipulation et les difficultés rencontrées ne sont pas identiques, en particulier lorsque le tube reste fixe et que le soudeur doit modifier continuellement son orientation autour de la circonférence.
Les règles du référentiel déterminent donc le domaine associé au type de produit utilisé pendant l’épreuve.
Une qualification sur tôle ne couvre pas automatiquement tous les travaux sur tubes
Il serait trop simple de considérer qu’un soudeur qualifié sur une éprouvette plane peut immédiatement être affecté à n’importe quelle tuyauterie.
Le diamètre, la position et le type de produit doivent notamment être pris en compte.
Le domaine inscrit ou calculé à partir du certificat doit donc être vérifié avant la fabrication.
Le type de soudure doit lui aussi être examiné
Une soudure bout à bout et une soudure d’angle ne présentent pas exactement les mêmes conditions de réalisation.
La qualification obtenue avec l’une possède un domaine défini par les règles du référentiel concernant les types de soudures couverts.
Il ne faut pas supposer automatiquement qu’une épreuve quelconque couvre indistinctement tous les joints rencontrés en production.
Le métal d’apport est particulièrement important dans l’ISO 9606-1
Pour la qualification des soudeurs sur aciers suivant l’ISO 9606-1, les métaux d’apport sont regroupés afin de déterminer une partie du domaine de qualification.
Cette approche vise notamment à évaluer l’aptitude du soudeur à manipuler un type de consommable présentant des caractéristiques de soudage comparables.
Le groupe du métal d’apport utilisé pendant l’épreuve doit donc être vérifié avant d’utiliser le certificat avec un consommable différent.
Le matériau de base et le métal d’apport ne doivent pas être confondus
C’est un point important lorsqu’on interprète l’ISO 9606-1.
Les versions modernes de cette partie de l’ISO 9606 utilisent notamment une logique de qualification fondée sur le groupe du métal d’apport plutôt que de faire simplement correspondre la qualification du soudeur au groupe du matériau de base comme on pourrait intuitivement le penser.
TWI explique cette évolution dans sa ressource consacrée au groupement des matériaux et aux qualifications de soudeurs.
Cela ne signifie pas que le matériau de base peut être ignoré
Le fait que le domaine de qualification du soudeur soit fortement lié au métal d’apport ne permet évidemment pas de souder arbitrairement n’importe quel matériau.
Le matériau de base doit rester compatible avec le domaine du référentiel, avec le consommable employé et surtout avec le mode opératoire utilisé en production.
La qualification du soudeur ne remplace jamais la qualification métallurgique du procédé.
Le DMOS reste donc indispensable pour définir le matériau réellement soudé
Le certificat du soudeur démontre une aptitude personnelle dans un domaine déterminé.
Le DMOS indique quant à lui les conditions techniques utilisées pour l’assemblage : matériaux, préparation, consommables, paramètres et autres variables nécessaires.
Les deux documents doivent être compatibles pour la fabrication concernée.
| Élément | Qualification du soudeur | À vérifier en production |
|---|---|---|
| Procédé | Domaine lié au procédé qualifié | Procédé indiqué dans le DMOS |
| Métal d’apport | Groupe ou caractéristiques couverts suivant le référentiel | Consommable réellement utilisé |
| Matériau de base | Doit rester compatible avec les règles applicables | Matériau indiqué dans le DMOS |
| Produit | Tôle, tube et domaine correspondant | Géométrie réelle de l’assemblage |
| Soudure | Bout à bout, angle et extensions autorisées | Type de joint de production |
| Dimensions | Plage découlant de l’épreuve | Épaisseur et diamètre réels |
| Position | Positions couvertes par l’épreuve | Position réelle du joint |
L’épaisseur fait également partie du domaine de qualification
L’éprouvette possède une épaisseur déterminée et cette dimension permet d’établir une plage de qualification suivant les règles applicables.
Le certificat ne doit donc pas être considéré automatiquement valable de la tôle la plus fine imaginable jusqu’à une pièce de plusieurs dizaines de centimètres.
L’épaisseur réellement prévue doit être comparée au domaine obtenu lors de l’épreuve.
L’épaisseur de métal déposé peut être particulièrement importante
Dans certaines configurations, ce n’est pas simplement l’épaisseur nominale de la pièce qui doit être considérée pour interpréter la qualification du soudeur.
L’épaisseur de métal effectivement déposée pendant l’épreuve intervient dans les règles définissant la plage couverte.
Cette nuance devient notamment importante dans les assemblages multiprocédés où chaque procédé peut ne déposer qu’une partie de l’épaisseur totale.
Le diamètre limite également certaines qualifications sur tubes
Le comportement du soudeur change considérablement entre un tube de grand diamètre et une petite tuyauterie.
La courbure, l’accès à l’arc et la variation rapide de position rendent les petits diamètres généralement plus contraignants.
Le diamètre de l’éprouvette intervient donc dans la détermination du domaine correspondant.
Une qualification sur un gros tube ne couvre pas forcément tous les petits diamètres
La réussite d’une épreuve sur un diamètre confortable ne démontre pas nécessairement la même aptitude sur une petite canalisation difficile d’accès.
Les plages prévues par la norme doivent être appliquées au certificat utilisé.
Le diamètre de production doit donc être vérifié de la même manière que l’épaisseur.
La position de soudage peut fortement limiter le domaine
Souder à plat, en verticale, au plafond ou autour d’un tube fixe ne demande pas les mêmes mouvements ni la même maîtrise du bain.
L’épreuve réalisée dans une position donnée permet d’obtenir un domaine correspondant aux règles de qualification.
Une qualification dans une position simple ne doit pas être interprétée automatiquement comme valable pour toutes les positions plus difficiles.
Certaines positions peuvent en couvrir d’autres
Le domaine de qualification n’est pas nécessairement limité à la position exacte dans laquelle l’éprouvette a été soudée.
Une épreuve considérée comme suffisamment représentative ou contraignante peut couvrir d’autres positions suivant les règles de la norme.
Ces extensions doivent cependant être lues dans le référentiel ou sur le certificat plutôt que devinées selon une hiérarchie informelle des difficultés.
La progression verticale peut elle aussi avoir son importance
Le soudage vertical montant et le soudage vertical descendant reposent sur des techniques et des comportements de bain différents.
Une qualification obtenue dans une progression ne doit donc pas être extrapolée sans vérifier les conditions dans lesquelles l’autre progression est couverte.
Le symbole de position n’est pas toujours la seule information nécessaire pour interpréter correctement le certificat.
La présence d’un support à la racine peut modifier le domaine
Réaliser une racine sans support demande notamment de contrôler directement la pénétration et le bain au revers de l’assemblage.
Une épreuve réalisée avec un support matériel ne démontre pas nécessairement la même aptitude suivant toutes les configurations.
Les conditions de racine doivent donc être comparées à celles du joint prévu en production.
Une racine TIG suivie d’un remplissage MAG doit être interprétée procédé par procédé
Ce type de combinaison est fréquent en tuyauterie et dans différentes fabrications industrielles.
Chaque procédé n’est utilisé que sur une partie déterminée du joint et l’épreuve doit permettre de définir le domaine correspondant à chacun.
On ne peut pas simplement considérer que l’épaisseur totale de l’éprouvette est automatiquement qualifiée de manière identique pour les deux procédés.
La qualification du soudeur et la qualification du mode opératoire restent différentes
Le certificat du soudeur démontre l’aptitude de la personne à produire une soudure de qualité dans le domaine évalué.
La QMOS démontre de son côté qu’un mode opératoire peut produire les caractéristiques exigées dans son propre domaine de qualification.
TWI présente clairement cette distinction dans son dossier sur les différences entre qualification du soudeur et qualification du mode opératoire.
Un soudeur qualifié ne peut donc pas inventer librement son procédé
Le certificat démontre son aptitude à manipuler un procédé dans certaines conditions ; il ne lui transfère pas la responsabilité de définir les variables métallurgiques du joint.
Lorsque la fabrication est régie par un DMOS, les paramètres, consommables et conditions prévus doivent être respectés.
La compétence du soudeur intervient à l’intérieur de ce cadre technique.
Une QMOS très large ne rend pas automatiquement le soudeur qualifié sur le même domaine
Les domaines de qualification du mode opératoire et du soudeur sont déterminés selon des règles distinctes.
Une QMOS peut donc couvrir une plage de matériaux, d’épaisseurs ou de positions plus importante que le certificat d’un soudeur particulier.
Les deux doivent être vérifiés séparément avant le lancement de la fabrication.
Inversement, un soudeur peut posséder un domaine plus large que le DMOS utilisé
Un soudeur expérimenté peut disposer de plusieurs qualifications lui permettant de réaliser de nombreuses configurations.
Pour un joint donné, il reste néanmoins limité aux conditions prévues par le DMOS applicable.
Sa qualification personnelle ne permet pas d’étendre arbitrairement le domaine de la procédure utilisée.
Les matériaux autres que les aciers utilisent d’autres parties ou référentiels
L’ISO 9606-1 concerne la qualification des soudeurs pour le soudage par fusion des aciers.
Il serait donc incorrect de considérer qu’un certificat ISO 9606-1 permet automatiquement de réaliser des assemblages en aluminium, cuivre ou autres matériaux métalliques relevant d’autres référentiels.
Le matériau réellement soudé doit toujours être comparé à la norme suivant laquelle la personne a été qualifiée.
Un soudeur qualifié sur acier n’est donc pas automatiquement qualifié sur aluminium
Les deux matériaux présentent des comportements métallurgiques et des conditions de soudage sensiblement différents.
La conductivité thermique, la couche d’oxyde, les consommables et la maîtrise du bain conduisent notamment à des techniques spécifiques.
Une qualification destinée aux aciers ne constitue donc pas une qualification générale pour le soudage de l’aluminium.
Le même raisonnement s’applique aux autres familles de matériaux
Les alliages de nickel, le cuivre, le titane ou d’autres métaux peuvent relever de règles de qualification adaptées à leurs caractéristiques.
L’expérience pratique acquise avec plusieurs matériaux reste naturellement utile, mais elle ne remplace pas le certificat demandé par le référentiel du projet.
La qualification formelle doit correspondre à la fabrication réellement réalisée.
Le mot « matériau » doit donc être utilisé avec précision
Dire qu’un soudeur est « qualifié acier » reste souvent insuffisant pour préparer une fabrication industrielle.
Il faut connaître la norme de qualification, le procédé, le métal d’apport et les autres variables qui déterminent le domaine du certificat.
Cette précision évite notamment de confondre la qualification personnelle avec les règles de groupement des matériaux utilisées pour qualifier les modes opératoires.
Un changement de consommable peut nécessiter une vérification
Même lorsque le matériau de base ne change pas, remplacer le consommable utilisé peut modifier le domaine correspondant au certificat.
Les groupes de métaux d’apport permettent justement de prendre en compte certaines différences de comportement et de manipulation.
Le consommable prévu dans le nouveau DMOS doit donc être comparé au groupe couvert par la qualification du soudeur.
Un simple changement de marque n’impose pas nécessairement une nouvelle qualification
Deux consommables provenant de fabricants différents peuvent relever de la même classification et du même groupe pertinent pour la qualification.
Le nom commercial ne constitue donc pas à lui seul le critère permettant de décider.
Il faut examiner la classification et les variables prévues par le référentiel ainsi que les exigences particulières du DMOS ou du projet.
Le gaz utilisé doit rester cohérent avec la procédure de production
Les procédés à protection gazeuse nécessitent une combinaison appropriée entre matériau, fil, gaz et paramètres.
La qualification du soudeur n’autorise pas à remplacer librement un gaz prévu par le DMOS par un autre simplement parce que l’arc reste possible.
La compatibilité du changement avec la procédure et sa qualification doit être vérifiée séparément.
Le transfert métallique n’est pas non plus un détail à ignorer
En MIG/MAG, les conditions de transfert peuvent modifier le comportement du bain, les paramètres et la technique de manipulation.
Une modification importante des conditions du procédé doit être examinée au regard du DMOS et des règles de qualification applicables.
Le certificat ne doit jamais être interprété comme une permission générale de modifier librement les réglages de production.
Les procédés totalement mécanisés ou automatiques relèvent d’une logique différente
L’ISO 9606 vise l’aptitude du soudeur qui manipule manuellement l’électrode, la torche ou le chalumeau.
Dans une installation totalement mécanisée ou automatisée, la qualité dépend davantage de la préparation, des réglages, du programme et de l’action de l’opérateur ou du régleur.
Ces personnels peuvent relever d’un référentiel de qualification différent de celui utilisé pour le soudeur manuel.
Passer du soudage manuel au robot ne conserve donc pas simplement la même qualification
Un robot ne reproduit pas le geste du soudeur au sens de la qualification ISO 9606.
Il suit une trajectoire et des paramètres programmés dans une installation dont la mise au point et la surveillance reposent sur d’autres compétences.
La qualification du personnel et celle du mode opératoire doivent donc être examinées en fonction du niveau réel d’automatisation.
L’expérience réelle peut être plus large que le certificat
Un soudeur peut parfaitement maîtriser plusieurs procédés ou matériaux sans posséder un certificat actif pour chacun d’eux.
Son expérience professionnelle reste évidemment précieuse, mais elle ne remplace pas la qualification formelle lorsqu’un projet l’exige.
La distinction entre compétence pratique et domaine documentaire permet d’éviter de considérer un certificat comme une note globale attribuée au professionnel.
À l’inverse, le certificat ne garantit pas une compétence universelle
Réussir une épreuve démontre l’aptitude dans les conditions évaluées et dans le domaine étendu par la norme.
Cela ne signifie pas que le soudeur maîtrise automatiquement toutes les difficultés rencontrées dans l’ensemble de son métier.
Préparation, montage, réparation, matériaux particuliers ou situations de chantier peuvent demander une expérience supplémentaire.
Le certificat doit également rester valide
Même lorsque son domaine technique correspond parfaitement à la soudure prévue, une qualification doit satisfaire aux conditions nécessaires à son maintien.
Continuité de l’activité, confirmations périodiques et méthode de revalidation doivent être vérifiées suivant le référentiel utilisé.
Notre réponse Combien de temps une qualification de soudeur reste-t-elle valable ? détaille cette question.
Une vérification complète porte donc à la fois sur le domaine et la validité
Un certificat peut être valide dans le temps mais ne pas couvrir la configuration technique demandée.
Inversement, son domaine peut correspondre parfaitement au joint alors que les conditions nécessaires à son maintien ne sont plus satisfaites.
Les deux contrôles doivent être réalisés avant d’affecter la personne à la fabrication.
| Situation | Qualification automatiquement conservée ? |
|---|---|
| Passage du TIG au MAG | Non, le procédé doit être couvert |
| Passage d’une tôle à un tube | Pas systématiquement, le domaine doit être vérifié |
| Modification importante du diamètre | Pas systématiquement |
| Changement de position | Seulement si la nouvelle position est couverte |
| Changement de groupe de métal d’apport | À vérifier suivant les règles de qualification |
| Passage de l’acier à l’aluminium | Non avec une simple qualification ISO 9606-1 |
| Changement de marque d’un consommable équivalent | Pas nécessairement problématique ; vérifier sa classification et les exigences du DMOS |
Comment vérifier rapidement si la qualification couvre une nouvelle soudure ?
Il faut partir du DMOS prévu pour le joint et relever les caractéristiques qui influencent la qualification du soudeur.
Le procédé, le type de produit et de soudure, le consommable, l’épaisseur, le diamètre éventuel, la position et les autres variables pertinentes sont ensuite comparés au certificat.
La vérification doit enfin confirmer que le document reste valide et que le contrat n’impose pas d’exigence supplémentaire.
Il ne faut pas se contenter du titre inscrit en haut du certificat
Deux certificats portant tous les deux la mention ISO 9606-1 peuvent couvrir des domaines très différents.
Les informations détaillées sur les conditions de l’épreuve et les plages correspondantes sont précisément présentes pour permettre cette vérification.
La mention générale « qualification soudeur acier » n’est donc pas suffisante pour autoriser une opération particulière.
Le service méthodes ou la coordination en soudage peut effectuer cette vérification
Dans une organisation structurée, il est préférable que la compatibilité entre DMOS, qualification du mode opératoire et qualification du personnel soit vérifiée avant la production.
Cette tâche peut relever des méthodes, du service qualité ou des personnes chargées de la coordination en soudage selon l’organisation de l’entreprise.
Elle évite de découvrir après réalisation que le soudeur possédait bien un certificat, mais pas dans le domaine nécessaire au joint concerné.
Faut-il repasser une qualification à chaque changement ?
Non plus. Le principe du domaine de qualification est justement d’éviter de faire passer une nouvelle épreuve pour chaque combinaison presque identique.
Une épreuve correctement choisie peut couvrir différentes configurations définies par le référentiel.
Une nouvelle qualification devient nécessaire lorsque le travail prévu sort du domaine couvert ou lorsqu’une exigence particulière du projet l’impose.
Une épreuve peut donc être choisie stratégiquement pour obtenir un domaine utile
Lorsqu’une entreprise qualifie un soudeur, elle peut examiner les fabrications qu’il devra réellement réaliser afin de sélectionner une éprouvette et des conditions permettant d’obtenir un domaine pertinent.
Il ne s’agit pas de contourner la norme mais d’éviter de réaliser plusieurs épreuves redondantes lorsqu’une configuration correctement choisie peut couvrir les travaux envisagés.
Le choix doit néanmoins rester conforme aux règles du référentiel et aux exigences du produit.
Le domaine le plus large n’est pas forcément toujours nécessaire
Faire passer systématiquement l’épreuve la plus difficile possible n’apporte pas forcément un avantage si le soudeur ne rencontrera jamais certaines configurations.
Une qualification ciblée sur les fabrications réelles peut être plus simple à organiser et à maintenir.
Le besoin doit donc être défini à partir des travaux prévus plutôt que d’une recherche abstraite du certificat comportant le maximum de possibilités.
Une qualification de soudeur permet-elle donc de souder tous les procédés et matériaux ?
Non. Elle permet de réaliser les soudures comprises dans le domaine déterminé par l’épreuve et par les règles du référentiel utilisé.
Changer de procédé, de type de produit, de métal d’apport, de dimensions, de position ou d’autres conditions peut conduire hors du domaine de qualification.
Pour les aciers selon l’ISO 9606-1, il faut notamment éviter de confondre les règles concernant les matériaux de base avec le groupement des métaux d’apport utilisé pour déterminer le domaine du soudeur.
En résumé : une qualification de soudeur n’est jamais une autorisation universelle permettant de souder tous les procédés et tous les matériaux. Elle possède un domaine défini à partir des conditions de l’épreuve et des règles du référentiel applicable. Il faut notamment vérifier le procédé, le type de produit et de soudure, le métal d’apport, l’épaisseur déposée, le diamètre lorsqu’il s’agit de tubes, la position et les autres caractéristiques pertinentes. Dans le cas de l’ISO 9606-1 appliquée aux aciers, le domaine du soudeur repose notamment sur le groupement des métaux d’apport ; il ne faut donc pas le confondre avec les règles de qualification des matériaux de base utilisées pour les modes opératoires. Le certificat doit toujours être comparé au DMOS et à la soudure réellement prévue, puis sa validité doit être contrôlée avant le début de la fabrication.