Combien de temps une qualification de soudeur reste-t-elle valable ?

La validité d’une qualification de soudeur ne correspond pas à une durée unique applicable dans toutes les situations. Selon l’ISO 9606-1, elle repose notamment sur une confirmation périodique de l’activité du soudeur et sur une méthode de revalidation définie pour le certificat. Il est donc incorrect de considérer automatiquement qu’une qualification est simplement « valable deux ans » sans examiner les conditions prévues pour son maintien.

La qualification commence avec la réussite de l’épreuve

La qualification repose sur une épreuve réalisée dans des conditions déterminées afin de vérifier l’aptitude du soudeur à produire une soudure répondant aux exigences prévues.

Une fois les contrôles et essais nécessaires satisfaisants, le certificat permet d’identifier le domaine dans lequel le soudeur est qualifié.

Mais cette qualification ne doit pas être considérée comme acquise définitivement à partir de cette seule épreuve initiale.


La validité dépend d’abord du référentiel utilisé

Toutes les qualifications de soudeurs ne suivent pas nécessairement les mêmes règles de durée et de renouvellement.

L’ISO 9606-1 possède son propre système de confirmation et de revalidation, tandis que d’autres normes ou codes peuvent prévoir des dispositions différentes.

Avant de vérifier une date d’expiration, il faut donc identifier le référentiel suivant lequel le certificat a été établi.


Avec l’ISO 9606-1, la notion de « deux ans » ne suffit pas

Il est fréquent d’entendre dans les ateliers qu’une qualification de soudeur serait simplement valable pendant deux ans.

Cette affirmation est trop générale, car l’ISO 9606-1 prévoit plusieurs méthodes possibles de revalidation et impose également une confirmation périodique pendant la période de validité.

Deux certificats établis suivant la même norme peuvent donc être gérés différemment selon la méthode de revalidation retenue.


La validité doit être confirmée tous les six mois

L’un des points essentiels de l’ISO 9606-1 est la confirmation périodique de la qualification du soudeur.

Cette confirmation permet d’attester que la personne continue à exercer son activité de soudage dans le domaine correspondant à sa qualification.

Elle doit être réalisée à intervalles de six mois suivant les dispositions prévues par le référentiel et l’organisation applicable.


Cette confirmation n’est pas une simple formalité administrative

Signer périodiquement un certificat sans vérifier la continuité réelle de l’activité ne correspond pas à l’objectif du système.

La confirmation sert précisément à établir que le soudeur continue à pratiquer les opérations couvertes par sa qualification avec une continuité suffisante.

Elle doit donc reposer sur des éléments permettant de rattacher son activité récente au domaine de qualification concerné.


Un soudeur qui ne pratique plus le procédé concerné peut perdre la continuité nécessaire

Un certificat obtenu avec un procédé déterminé ne peut pas être maintenu indéfiniment simplement parce que le soudeur travaille toujours dans l’entreprise.

Il faut que son activité reste en rapport avec le domaine pour lequel la qualification doit être confirmée.

Un soudeur qui cesse pendant une période importante de pratiquer le procédé concerné peut donc ne plus satisfaire aux conditions permettant de maintenir cette qualification.


Le certificat doit préciser la méthode de revalidation choisie

L’ISO 9606-1 prévoit plusieurs possibilités pour revalider une qualification après l’épreuve initiale.

La méthode retenue doit être identifiée afin que l’entreprise puisse organiser correctement le suivi du soudeur et réunir les preuves nécessaires au moment voulu.

Il ne faut donc pas attendre la date supposée d’expiration pour se demander comment la qualification devait être maintenue.


Une première méthode consiste à refaire une épreuve tous les trois ans

L’une des possibilités prévues consiste à soumettre le soudeur à une nouvelle épreuve de qualification tous les trois ans.

Cette solution apporte une vérification périodique directe de son aptitude dans les conditions de l’épreuve réalisée.

Les confirmations de continuité prévues pendant la période restent néanmoins nécessaires : la date de la prochaine épreuve ne dispense pas du suivi intermédiaire.


Une deuxième méthode permet une revalidation tous les deux ans à partir de soudures de production

Une autre possibilité repose sur l’examen de soudures réellement réalisées par le soudeur pendant la production.

Selon cette méthode, deux soudures effectuées au cours des six derniers mois de la période de validité sont soumises aux examens prévus, par exemple par contrôle volumique ou par des essais destructifs adaptés.

Lorsque les conditions de cette méthode sont satisfaites, la qualification peut être revalidée pour une nouvelle période de deux ans.


Les soudures utilisées pour cette revalidation doivent être traçables

Il ne suffit pas de présenter deux assemblages satisfaisants provenant de l’atelier.

Il doit être possible d’établir qu’ils ont réellement été réalisés par le soudeur concerné et qu’ils correspondent aux conditions requises pour la revalidation de sa qualification.

La traçabilité du personnel, du mode opératoire et des contrôles constitue donc un élément essentiel de cette méthode.


Les contrôles réalisés sur ces soudures doivent être enregistrés

La revalidation fondée sur des soudures de production doit pouvoir être justifiée par des résultats documentés.

Les rapports de contrôle ou d’essais doivent être conservés afin de démontrer que les assemblages retenus satisfont aux critères applicables.

Une simple affirmation selon laquelle le soudeur produit régulièrement de bonnes soudures ne remplace donc pas les éléments exigés pour cette méthode.


Une troisième méthode permet un maintien sans échéance fixe sous conditions

L’ISO 9606-1 prévoit également une possibilité dans laquelle la qualification peut continuer à être maintenue tant que plusieurs conditions précises restent satisfaites.

Cette solution repose notamment sur les confirmations périodiques, la continuité du soudeur chez le même fabricant responsable de sa qualification et la maîtrise documentée de la qualité du soudage.

Il ne s’agit donc pas d’une qualification devenue définitivement valable sans surveillance.


« Valable sans limite » ne veut pas dire « valable sans conditions »

Cette distinction est particulièrement importante.

L’absence d’une date fixe imposant automatiquement une nouvelle épreuve ne supprime ni les confirmations tous les six mois ni les autres conditions prévues pour cette méthode de revalidation.

Dès qu’une condition nécessaire n’est plus satisfaite, il faut réexaminer le statut de la qualification.


Le maintien chez le même fabricant intervient dans cette troisième méthode

Dans le vocabulaire de la norme, le fabricant correspond à l’organisation responsable de la fabrication soudée et de la qualification concernée.

Il ne s’agit évidemment pas du fabricant du poste à souder ou des électrodes.

La continuité de la relation entre le soudeur et l’organisation responsable fait partie des conditions particulières permettant d’utiliser cette méthode de revalidation.


Le système qualité du fabricant intervient également

Cette méthode de maintien repose sur une organisation capable de démontrer de manière fiable la qualité des opérations réalisées par le soudeur.

La norme prévoit notamment des conditions liées au système qualité du fabricant et à sa conformité aux exigences correspondantes de l’ISO 3834.

Il ne suffit donc pas qu’une petite case soit signée tous les six mois pour rendre automatiquement la qualification permanente.


La qualité des soudures réalisées doit pouvoir être démontrée

Le fabricant doit disposer d’éléments permettant de montrer que le soudeur continue à produire des assemblages présentant une qualité acceptable.

Les résultats de production et de contrôle servent ainsi à démontrer que l’aptitude initialement vérifiée reste effectivement utilisée et maîtrisée.

Cette logique rapproche le maintien de la qualification du système réel de suivi qualité de l’atelier.


Méthode de revalidation Principe Point essentiel
Nouvelle épreuve Le soudeur repasse une épreuve tous les trois ans Les confirmations semestrielles restent nécessaires
Soudures de production Deux soudures récentes sont contrôlées selon les exigences prévues tous les deux ans Traçabilité et rapports de contrôle nécessaires
Maintien sous conditions Pas d’échéance fixe tant que toutes les conditions restent satisfaites Confirmation semestrielle, même fabricant et système qualité adapté notamment

Dans les trois cas, la confirmation tous les six mois reste fondamentale

Les différentes méthodes de revalidation ne doivent pas faire oublier le suivi intermédiaire.

Un certificat destiné à être revalidé après deux ou trois ans ne peut pas simplement rester dans un classeur pendant toute cette période sans confirmation de continuité.

Le suivi semestriel constitue donc l’un des premiers éléments à vérifier lorsqu’on examine la validité réelle d’une qualification.


La date imprimée sur le certificat n’est donc pas la seule information importante

Un responsable ne doit pas vérifier uniquement la date de l’épreuve initiale et calculer mécaniquement une échéance.

Il faut également examiner les confirmations successives, la méthode de revalidation retenue et les éventuelles preuves associées.

Un certificat apparemment encore dans sa période théorique peut ne plus être utilisable si les conditions nécessaires à son maintien n’ont pas été respectées.


À l’inverse, un certificat ancien n’est pas nécessairement périmé

Avec une méthode permettant le maintien sous conditions, la date initiale de qualification peut être relativement ancienne.

Cela ne signifie pas automatiquement que le certificat est invalide si les confirmations, la continuité et les autres exigences de revalidation ont été correctement respectées.

C’est précisément pourquoi il faut examiner l’historique du certificat plutôt que sa seule date d’origine.


Changer d’employeur peut avoir des conséquences selon la méthode utilisée

La conséquence d’un changement d’entreprise dépend du mode de revalidation et du cadre dans lequel le certificat est utilisé.

La méthode de maintien fondée notamment sur le même fabricant ne peut évidemment pas être interprétée comme si cette condition continuait automatiquement après un changement d’organisation.

Le certificat et les exigences du nouveau contexte doivent donc être examinés avant d’affecter le soudeur à la production.


Une interruption importante de l’activité doit également être prise au sérieux

La qualification vise à démontrer et maintenir une aptitude pratique.

Lorsqu’un soudeur cesse de pratiquer pendant une durée ne permettant plus de confirmer normalement sa continuité dans le domaine concerné, la validité du certificat doit être réexaminée.

Il ne faut pas reconstituer artificiellement des confirmations semestrielles après coup lorsque l’activité correspondante n’a pas réellement eu lieu.


Chaque procédé doit être suivi dans son propre domaine

Un soudeur peut posséder plusieurs qualifications correspondant à différents procédés.

Le fait qu’il continue à souder régulièrement en MAG ne démontre pas nécessairement la continuité requise pour une qualification TIG qu’il n’utilise plus.

Le suivi doit donc être suffisamment précis pour identifier les activités correspondant aux certificats que l’entreprise souhaite maintenir.


La qualification reste également limitée à son domaine technique

Une qualification parfaitement valide sur le plan temporel peut néanmoins ne pas couvrir la soudure envisagée.

Procédé, type de produit, soudure, métal d’apport, épaisseur, diamètre, position et autres variables doivent toujours être comparés au travail prévu.

Notre réponse Que couvre une qualification de soudeur selon l’ISO 9606-1 ? détaille cette seconde vérification.


Validité et domaine de qualification sont donc deux contrôles différents

Pour qu’un certificat puisse être utilisé, il faut répondre à deux questions distinctes.

Premièrement, la qualification est-elle toujours valide au regard des confirmations et de sa méthode de revalidation ? Deuxièmement, son domaine technique couvre-t-il réellement la soudure prévue ?

Un seul de ces deux critères satisfaits ne suffit pas.


La qualification du soudeur ne dépend pas de la durée de validité de la QMOS

La qualification du soudeur et celle du mode opératoire correspondent à deux démarches différentes.

Le maintien du certificat personnel ne doit donc pas être confondu avec le statut du DMOS ou de la qualification du mode opératoire utilisée pour la production.

L’entreprise doit contrôler séparément la validité de la qualification du personnel et l’applicabilité de la procédure de soudage.


Le DMOS doit rester applicable même si le soudeur est correctement qualifié

Un certificat personnel valide ne donne pas au soudeur la liberté de modifier les conditions prévues pour l’assemblage.

Lorsque la fabrication utilise un DMOS, celui-ci reste la référence pour les paramètres et conditions de réalisation du joint.

Le soudeur doit donc être à la fois correctement qualifié et affecté à une procédure adaptée à la fabrication.


L’entreprise doit organiser le suivi avant les échéances

Attendre le dernier jour pour vérifier les certificats expose l’atelier à découvrir qu’une confirmation manque ou que les preuves nécessaires à la revalidation n’ont pas été conservées.

Un tableau de suivi permet d’anticiper les confirmations semestrielles, les échéances éventuelles et les contrôles nécessaires selon la méthode retenue.

Cette organisation devient particulièrement importante lorsqu’une entreprise emploie de nombreux soudeurs possédant chacun plusieurs qualifications.


La traçabilité des soudures facilite énormément le maintien des qualifications

Lorsque les assemblages de production sont reliés au soudeur qui les a réalisés, il devient beaucoup plus facile de démontrer sa continuité d’activité et de retrouver les résultats de contrôle correspondants.

Numéros de soudeurs, fiches de suivi, rapports de contrôle et références des DMOS constituent autant d’éléments utiles à cette traçabilité.

Une organisation documentaire cohérente évite ainsi de rechercher dans l’urgence les preuves nécessaires quelques jours avant une revalidation.


La signature semestrielle doit correspondre à une vérification réelle

Le suivi ne doit pas devenir une succession de signatures automatiques ajoutées au certificat parce qu’une échéance approche.

La personne chargée de confirmer la validité doit disposer des éléments nécessaires pour établir que les conditions de continuité sont bien respectées.

Cette responsabilité fait partie de la maîtrise des compétences utilisées pour les fabrications soudées.


Une qualification ne doit pas être prolongée rétroactivement par simple commodité

Lorsqu’une confirmation ou une condition obligatoire n’a pas été respectée au moment prévu, il ne faut pas recréer artificiellement après coup un historique qui n’existait pas.

Le statut de la qualification doit alors être analysé conformément au référentiel et aux exigences du projet.

Une nouvelle épreuve peut être nécessaire lorsque les conditions permettant de poursuivre la validité ne peuvent plus être démontrées.


Les exigences du client peuvent être plus restrictives

Même lorsqu’une méthode de maintien est admise par l’ISO 9606-1, un contrat ou une spécification particulière peut imposer des dispositions supplémentaires.

Certains donneurs d’ordre peuvent par exemple exiger une nouvelle épreuve à une périodicité déterminée ou refuser certaines méthodes de revalidation pour leurs fabrications.

Le certificat doit donc être vérifié non seulement par rapport à la norme de qualification mais aussi au contrat concerné.


Une réglementation sectorielle peut également modifier les exigences pratiques

Certains équipements ou secteurs industriels possèdent des règles particulières concernant la qualification du personnel intervenant sur leurs assemblages.

La possibilité offerte par une norme générale ne doit donc pas être utilisée sans vérifier les exigences supplémentaires applicables au produit.

La hiérarchie documentaire du projet reste déterminante pour décider si un certificat peut être accepté.


Vérification Question à poser
Référentiel Selon quelle norme ou quel code le soudeur a-t-il été qualifié ?
Domaine Le certificat couvre-t-il la soudure prévue ?
Confirmation La continuité a-t-elle été confirmée tous les six mois ?
Revalidation Quelle méthode a été choisie pour ce certificat ?
Preuves Les documents nécessaires au maintien sont-ils disponibles ?
Projet Le contrat impose-t-il des exigences supplémentaires ?

Comment vérifier rapidement la validité d’un certificat ?

Il faut d’abord vérifier la norme appliquée, la date de qualification et le domaine indiqué sur le certificat.

Les confirmations semestrielles doivent ensuite être examinées afin de s’assurer que la continuité de l’activité a été correctement maintenue.

Enfin, la méthode de revalidation choisie et les documents correspondants doivent être contrôlés avant de conclure que la qualification est effectivement utilisable.


Il ne faut donc jamais gérer les qualifications avec une seule colonne « date d’expiration »

Une simple feuille indiquant uniquement le nom du soudeur et une date limite risque de masquer les véritables conditions de maintien du certificat.

Le suivi devrait également permettre d’identifier le procédé, le domaine, les confirmations semestrielles et la méthode de revalidation applicable.

Cette organisation évite précisément le raccourci consistant à traiter toutes les qualifications comme des cartes valables automatiquement pendant deux ans.


Combien de temps une qualification de soudeur reste-t-elle donc valable ?

Il n’existe pas une réponse unique du type « deux ans » applicable à tous les certificats.

Pour une qualification relevant de l’ISO 9606-1, la continuité doit être confirmée périodiquement et la qualification doit être gérée suivant la méthode de revalidation retenue : nouvelle épreuve périodique, contrôle de soudures de production ou maintien sous certaines conditions.

La véritable question n’est donc pas seulement « quelle est la date du certificat ? », mais « toutes les conditions nécessaires à sa validité ont-elles été respectées ? »


En résumé : une qualification de soudeur n’est pas acquise définitivement après l’épreuve initiale et sa validité ne doit pas être résumée automatiquement à deux ans. Dans le cadre de l’ISO 9606-1, l’activité du soudeur doit être confirmée à intervalles de six mois et le certificat est ensuite géré suivant une méthode de revalidation déterminée. L’une prévoit une nouvelle épreuve tous les trois ans ; une autre permet une revalidation tous les deux ans à partir de deux soudures de production récentes soumises aux contrôles requis ; une troisième permet un maintien sans échéance fixe lorsque plusieurs conditions restent satisfaites, notamment concernant la continuité, le même fabricant et son système qualité. Il faut également vérifier que le domaine technique du certificat couvre toujours la soudure prévue et que le contrat ou le secteur concerné n’impose pas d’exigences supplémentaires.