Que couvre une qualification de soudeur selon l’ISO 9606-1 ?

Une qualification de soudeur ne constitue pas une autorisation générale de réaliser toutes les soudures. L’épreuve détermine un domaine de qualification lié notamment au procédé utilisé, au type de produit et de soudure, aux matériaux ou métaux d’apport concernés, aux dimensions de l’assemblage, à la position de soudage et à certaines conditions de réalisation du joint.

L’ISO 9606-1 concerne la qualification des soudeurs sur les aciers

L’ISO 9606-1 définit les exigences relatives aux épreuves de qualification des soudeurs pour le soudage par fusion des aciers.

L’objectif est de vérifier l’aptitude du soudeur à manipuler correctement l’électrode, la torche ou le chalumeau et à réaliser un assemblage présentant la qualité requise.

La qualification obtenue est ensuite valable dans un domaine déterminé à partir des conditions de l’épreuve.

Une qualification ne signifie donc pas « qualifié pour tout souder »

La présence d’un certificat de qualification ne suffit pas à conclure qu’un soudeur peut être affecté à n’importe quelle opération.

Le certificat doit être comparé à la soudure réellement prévue : procédé, produit, type de joint, dimensions, position et autres variables doivent rester dans le domaine couvert.

Un soudeur peut ainsi être parfaitement qualifié pour une fabrication et ne pas l’être pour une autre configuration sensiblement différente.

Le procédé de soudage fait partie des variables essentielles

La qualification est liée au procédé utilisé pendant l’épreuve et aux règles d’extension prévues par la norme.

Une qualification obtenue avec un procédé ne doit donc pas être considérée automatiquement comme valable pour tous les autres procédés de soudage.

Un soudeur qualifié sur une configuration en TIG n’est par exemple pas simplement réputé qualifié en MAG ou à l’électrode enrobée parce qu’il maîtrise techniquement ces procédés.

Le numéro de procédé permet d’identifier clairement la technique utilisée

Dans la documentation de qualification, les procédés sont généralement identifiés au moyen de leur numéro normalisé.

Cette désignation évite les ambiguïtés liées aux appellations commerciales ou aux habitudes propres à chaque atelier.

Lors de la vérification d’un certificat, le procédé indiqué doit donc être comparé à celui qui sera réellement utilisé en production.

Le type de produit intervient également dans le domaine de qualification

L’épreuve peut être réalisée sur une tôle ou sur un tube, suivant la fabrication visée.

Le type de produit utilisé pendant l’épreuve participe à la détermination du domaine couvert par la qualification.

Il ne faut donc pas considérer qu’une qualification obtenue sur n’importe quelle éprouvette couvre automatiquement toutes les géométries de produits rencontrées en atelier.

La qualification distingue également les types de soudures

Une soudure bout à bout et une soudure d’angle ne sollicitent pas exactement le soudeur de la même manière et sont prises en compte dans les règles de qualification.

Le type de soudure réalisé pendant l’épreuve doit donc être identifié sur le certificat.

Pour savoir si une soudure de production est couverte, il faut appliquer les règles de domaine prévues par la norme et ne pas supposer que tous les types de joints sont automatiquement interchangeables.

Le métal d’apport participe à la définition du domaine couvert

Pour la qualification selon l’ISO 9606-1, les caractéristiques du métal d’apport utilisé pendant l’épreuve font partie des éléments à examiner.

Les consommables sont classés afin de déterminer les possibilités de qualification associées à l’épreuve réalisée.

Un changement important de famille de métal d’apport doit donc être vérifié avant de considérer que la qualification existante reste applicable.

Le matériau de l’assemblage reste lui aussi important dans l’application pratique

La qualification ISO 9606-1 est destinée au soudage des aciers, mais cela ne signifie pas que n’importe quelle combinaison de matériaux peut être soudée sans vérification supplémentaire.

Le mode opératoire de production, le consommable utilisé et les règles du référentiel applicable doivent rester compatibles avec les matériaux effectivement assemblés.

La qualification du soudeur ne remplace donc jamais l’analyse métallurgique ou la qualification du mode opératoire.

L’épaisseur soudée pendant l’épreuve détermine une plage de qualification

L’épaisseur de métal déposée lors de l’épreuve intervient dans le domaine obtenu.

La qualification peut couvrir une plage déterminée suivant les conditions prévues par la norme, mais cette plage n’est pas nécessairement illimitée.

Avant d’affecter le soudeur à une pièce beaucoup plus mince ou beaucoup plus épaisse, il faut donc vérifier les limites portées par son certificat.

Le diamètre du tube peut limiter la qualification

Lorsqu’une épreuve est réalisée sur un tube, son diamètre extérieur fait partie des caractéristiques utilisées pour déterminer le domaine de qualification.

Les difficultés de manipulation et d’accès évoluent en effet fortement entre un tube de grand diamètre et une petite tuyauterie.

Une qualification obtenue sur un diamètre donné possède donc des limites qu’il faut comparer au diamètre réellement prévu en production.

La position de soudage est un élément majeur de la qualification

Souder à plat, en verticale, au plafond ou autour d’un tube ne demande pas la même maîtrise du bain de fusion.

La position utilisée pendant l’épreuve intervient donc directement dans la détermination du domaine couvert.

Une position considérée comme plus difficile peut parfois couvrir d’autres positions selon les règles applicables, mais ces extensions doivent être vérifiées dans le certificat plutôt que supposées.

Une qualification en position à plat n’autorise pas automatiquement toutes les positions

La réussite d’une épreuve dans une position donnée démontre l’aptitude du soudeur dans le domaine associé à cette épreuve.

Elle ne signifie pas nécessairement qu’il possède une qualification valable pour souder en verticale montante, au plafond ou sur un tube fixe dans toutes les configurations.

Les positions prévues pour la production doivent donc être comparées au domaine indiqué sur le certificat.

Le sens de progression peut également avoir son importance

Pour certaines opérations, notamment les soudures verticales, la manière dont le cordon progresse influence fortement la technique utilisée par le soudeur.

Les conditions de l’épreuve et les règles de qualification doivent donc être prises en compte lorsque la fabrication prévoit une progression particulière.

Il ne suffit pas de vérifier uniquement le symbole général de la position sans examiner les autres informations du certificat.

La présence ou l’absence de support peut modifier le domaine couvert

La réalisation d’une passe de racine sur support et celle d’une racine sans support ne présentent pas exactement les mêmes difficultés.

La configuration utilisée pendant l’épreuve fait donc partie des informations importantes lors de l’interprétation de la qualification.

Lorsque la soudure de production exige une maîtrise de racine différente de celle de l’épreuve, il faut vérifier que cette situation reste couverte.

Le mode de réalisation des passes peut également intervenir

Le nombre de passes, la technique employée et certaines caractéristiques de réalisation du joint peuvent influencer le domaine de qualification obtenu.

L’objectif est de s’assurer que l’épreuve représente suffisamment les compétences nécessaires à la soudure de production.

Le certificat doit donc être lu dans son ensemble et pas uniquement à partir du procédé et de la position.

Le gaz de protection et certains détails du procédé peuvent devoir être examinés

Pour les procédés utilisant une protection gazeuse, certaines caractéristiques associées au procédé ou au consommable peuvent intervenir dans la qualification.

Une modification importante des conditions de soudage doit donc être comparée aux limites du certificat et au mode opératoire applicable.

Là encore, la qualification du soudeur ne doit jamais être interprétée indépendamment du DMOS utilisé pour la fabrication.

Le certificat rassemble les informations permettant d’identifier le domaine couvert

Après réussite de l’épreuve, le certificat de qualification reprend les principales variables utilisées et le domaine correspondant.

La désignation peut sembler compacte ou difficile à lire lorsqu’on la découvre pour la première fois, mais chaque élément sert à identifier une caractéristique de la qualification.

Le document doit donc être conservé et interprété correctement avant d’affecter le soudeur à une opération particulière.

Variable Pourquoi elle compte À vérifier pour la production
Procédé La qualification est liée au procédé utilisé Procédé prévu dans le DMOS
Type de produit Tôle et tube ne correspondent pas toujours au même domaine Géométrie du produit à souder
Type de soudure Bout à bout et angle doivent être considérés Type de joint réel
Métal d’apport Sa classification intervient dans la qualification Consommable prévu
Épaisseur L’épreuve détermine une plage couverte Épaisseur déposée prévue
Diamètre Important pour les qualifications sur tubes Diamètre extérieur du tube
Position Elle reflète les difficultés de manipulation du bain Position réelle de soudage
Détails du joint Support et conditions de racine peuvent intervenir Configuration du DMOS

L’épreuve doit démontrer l’aptitude pratique du soudeur

Une qualification ISO 9606-1 n’est pas simplement un examen théorique portant sur les connaissances du procédé.

Le soudeur doit réaliser une éprouvette dans les conditions définies puis obtenir un résultat répondant aux critères prévus.

L’accent est donc mis sur son aptitude pratique à contrôler la torche, l’électrode ou le chalumeau et à produire une soudure acceptable.

L’éprouvette est examinée après le soudage

Une fois l’épreuve terminée, l’assemblage fait l’objet des examens ou essais prévus par le référentiel.

Le contrôle ne se résume pas au fait que le cordon semble correct à quelques mètres de distance.

Les méthodes prévues permettent de vérifier que l’éprouvette répond aux critères nécessaires pour valider l’aptitude du soudeur.

Réussir une seule belle passe ne suffit donc pas

L’épreuve est réalisée suivant des conditions définies et doit satisfaire aux exigences applicables sur l’ensemble de la zone évaluée.

Un bon aspect de surface ne permet pas à lui seul de conclure à la réussite d’une qualification.

La décision repose sur les contrôles et essais prévus par la procédure de qualification.

La qualification du soudeur ne remplace pas le DMOS

Le certificat démontre une aptitude du soudeur dans un domaine donné mais ne lui indique pas les paramètres précis à utiliser pour chaque fabrication.

Ces conditions sont définies dans le descriptif de mode opératoire de soudage applicable au joint.

Un soudeur qualifié doit donc continuer à respecter le DMOS ou WPS prévu pour la production.

La qualification du soudeur ne remplace pas non plus la QMOS

La qualification du soudeur et celle du mode opératoire ne répondent pas à la même question.

La première vérifie l’aptitude de la personne qui réalise manuellement la soudure ; la seconde apporte la justification de la procédure lorsque celle-ci doit être qualifiée.

Notre réponse Quelle différence entre un DMOS et une QMOS ? permet de distinguer clairement les documents associés au mode opératoire.

Un soudeur peut être qualifié alors que le mode opératoire ne l’est pas

Ces deux éléments étant indépendants, la qualification de la personne ne rend pas automatiquement la procédure utilisable dans une fabrication exigeant une QMOS.

Inversement, disposer d’un mode opératoire correctement qualifié ne permet pas de confier sa réalisation à n’importe quelle personne lorsque la qualification du soudeur est elle aussi exigée.

Les deux domaines doivent donc être vérifiés séparément avant le début de la production.

Le soudeur doit être qualifié pour la configuration réellement prévue

La vérification doit partir du joint à fabriquer et non simplement du certificat disponible dans le dossier du salarié.

Il faut identifier le procédé, le type de produit, la soudure, l’épaisseur, le diamètre éventuel, la position et les autres variables pertinentes.

Ces informations sont ensuite comparées au domaine couvert par la qualification.

Un certificat comportant de nombreuses lignes ne signifie pas que tout est couvert

Les certificats de qualification utilisent des désignations normalisées permettant de résumer les conditions de l’épreuve et les domaines correspondants.

La quantité d’informations présente sur le document peut donner une impression de couverture très large, mais chaque variable possède une signification précise.

La qualification doit donc être interprétée méthodiquement et non considérée comme une carte professionnelle universelle.

Un changement de poste dans l’atelier peut nécessiter une vérification du certificat

Un soudeur peut passer d’une fabrication de tôles à de la tuyauterie, d’un procédé à un autre ou d’une position confortable à une position beaucoup plus contraignante.

Même s’il travaille depuis longtemps dans l’entreprise, sa qualification doit être vérifiée pour la nouvelle opération.

La compétence réelle du soudeur peut être plus large que son certificat, mais le domaine documentaire exigé par le projet doit néanmoins être respecté.

Une qualification obtenue chez un employeur ne signifie pas qu’elle s’applique sans vérification à tout nouveau contexte

Le certificat possède un domaine technique qui doit toujours être examiné par rapport à la fabrication envisagée.

Les exigences contractuelles, la continuité de l’activité de soudage, la validation du certificat et les règles du référentiel applicable doivent également être prises en compte.

Il est donc préférable de vérifier le document lui-même plutôt que de se contenter de l’affirmation selon laquelle une personne est « qualifiée ISO ».

La qualification doit rester valide

Un certificat conforme sur le plan technique ne peut être utilisé sans tenir compte de ses conditions de validité.

La norme prévoit des règles permettant de confirmer que le soudeur poursuit régulièrement les activités correspondant à son domaine de qualification.

La question de la durée et du maintien fait l’objet de notre réponse suivante consacrée à la validité d’une qualification de soudeur.

Une qualification échue ne doit pas être traitée comme une qualification active

Conserver une copie d’un ancien certificat dans un dossier ne suffit pas à démontrer que les conditions nécessaires à son maintien sont toujours satisfaites.

Avant la fabrication, le statut du document doit donc être contrôlé en même temps que son domaine technique.

Cette vérification évite de découvrir après soudage que le domaine était correct mais que la qualification n’était plus valablement maintenue.

L’ISO 9606-1 ne s’applique pas aux opérations totalement automatisées

La norme porte sur l’aptitude du soudeur à manipuler manuellement l’électrode, la torche ou le chalumeau au cours des procédés qu’elle couvre.

Une installation dans laquelle le cycle est totalement mécanisé ou automatisé ne repose pas sur la même compétence manuelle du soudeur.

Les opérateurs de soudage et régleurs intervenant sur des procédés mécanisés ou automatiques relèvent donc d’un cadre de qualification différent.

Un robot de soudage n’a évidemment pas de qualification ISO 9606-1

La répétabilité d’un robot et la qualification d’un soudeur sont deux notions totalement différentes.

Dans une cellule automatisée, la maîtrise repose notamment sur le mode opératoire, le programme, les réglages, l’équipement et les compétences des personnes responsables de son fonctionnement.

Il serait donc incorrect de transposer directement le certificat d’un soudeur manuel à une installation de soudage totalement robotisée.

La qualification ne juge pas toutes les compétences professionnelles du soudeur

Une épreuve de qualification vérifie une aptitude précise dans les conditions prévues par le référentiel.

Elle n’évalue pas nécessairement toutes les compétences nécessaires au métier : préparation complexe, lecture de plans, choix des paramètres, redressage, réparation, organisation d’un chantier ou connaissance métallurgique peuvent demander d’autres savoir-faire.

Un certificat doit donc être considéré comme la preuve d’une qualification déterminée et non comme une mesure complète de l’expérience professionnelle.

Un soudeur très expérimenté peut ne pas posséder la qualification adaptée à un nouveau travail

L’expérience pratique et la qualification documentaire ne sont pas exactement la même chose.

Un professionnel possédant vingt ans de métier peut parfaitement savoir réaliser une soudure tout en devant passer une nouvelle épreuve pour répondre aux exigences particulières d’un projet.

Cette situation ne remet pas en cause sa compétence : elle démontre simplement que le domaine exigé doit être formellement couvert.

À l’inverse, posséder le certificat ne remplace pas l’expérience

Réussir une épreuve démontre une aptitude dans les conditions évaluées, mais la pratique quotidienne apporte une expérience plus large de la préparation, des variations de pièces et des difficultés de production.

L’entreprise doit donc associer la qualification réglementaire ou contractuelle nécessaire à une organisation adaptée du travail.

La qualification est une composante de la maîtrise du soudage, pas son unique composante.

Affirmation Correct ? Pourquoi
« Il est qualifié ISO 9606-1, donc il peut tout souder » Non Le certificat possède un domaine défini
« Le procédé doit être vérifié » Oui La qualification dépend du procédé couvert
« La position n’a aucune importance » Non Elle participe au domaine de qualification
« L’épaisseur et le diamètre peuvent limiter le domaine » Oui Les dimensions de l’épreuve déterminent des plages couvertes
« Une qualification de soudeur remplace la QMOS » Non La personne et le mode opératoire sont qualifiés séparément
« Il faut vérifier le certificat avant la production » Oui Domaine technique et validité doivent correspondre au travail prévu

Comment vérifier concrètement si un soudeur est qualifié pour une soudure ?

Il faut commencer par identifier les caractéristiques du joint prévues dans le DMOS : procédé, produit, type de soudure, consommable, dimensions, position et autres variables pertinentes.

Ces éléments sont ensuite comparés aux informations et au domaine de qualification figurant sur le certificat du soudeur.

La validité du document doit enfin être vérifiée afin de confirmer que la qualification est toujours utilisable au moment de la fabrication.

Le service qualité ou la coordination en soudage peut réaliser cette vérification

Dans une organisation industrielle, il n’est pas souhaitable de laisser chaque soudeur interpréter seul la portée de son certificat.

La vérification des qualifications et leur adéquation avec les opérations prévues peuvent être intégrées à la préparation et au suivi de la fabrication.

Notre dossier Qualification des soudeurs selon l’ISO 9606 présente plus largement cette démarche.

Que couvre donc une qualification de soudeur selon l’ISO 9606-1 ?

Elle couvre un domaine de soudage défini à partir des conditions de l’épreuve et des règles d’extension prévues par la norme.

Ce domaine tient notamment compte du procédé, du type de produit et de soudure, du métal d’apport, des dimensions, de la position et de certaines caractéristiques de réalisation du joint.

Pour chaque nouvelle fabrication, il faut donc comparer le travail réellement demandé au domaine inscrit sur le certificat plutôt que de se contenter de la mention générale « soudeur qualifié ».

En résumé : une qualification de soudeur selon l’ISO 9606-1 démontre l’aptitude d’une personne à réaliser des soudures par fusion sur aciers dans un domaine déterminé. Elle ne constitue pas une autorisation générale permettant de souder tous les procédés, tous les produits, toutes les épaisseurs et toutes les positions. Le domaine dépend notamment du procédé utilisé pendant l’épreuve, du type de produit et de soudure, du métal d’apport, de l’épaisseur déposée, du diamètre lorsqu’il s’agit de tubes, de la position et de certaines caractéristiques du joint. Le certificat doit donc être comparé au DMOS et à la soudure réellement prévue avant le début de la fabrication. Il faut également vérifier que la qualification reste valide. Enfin, l’ISO 9606-1 concerne l’aptitude du soudeur à manipuler manuellement son équipement et ne constitue pas le référentiel destiné aux procédés totalement mécanisés ou automatisés.